DANS IA FÉDÉRATION PONTIFICALE ET IMPERIALE. 447
tend chaque jour; la comtesse nomme un archevêquede Milan et reprend Ferrare; le roi de l’évolutionlombarde est complètement débordé ; son royaumeimaginaire s’évanouit : personne n’en veut, ni Milan,ni Crémone, ni Plaisance, ni Lodi, et encore moins est-ilaccepté par la comtesse ou par le pape, qui n’avait pasoffert le royaume pour revenir aux temps de Didier oude Béranger II. On avait pris Conrad comme un poi-gnard pour frapper son père , et, après le coup, on lejetait. Sans crédit, sans ressource, oublié par la com-tesse qui n’avait plus besoin de lui, condamné à seréfugier sur les terres de cette même comtesse qui l’a-vait mystifié, il mourait à Florence, navré de douleur,et peut-être empoisonné. Presque en même temps,la nouvelle delà prise de Jérusalem éveillait les milleéchos de l’Europe, conlinuant, sanctifiant toutes lesvictoires remportées contre l’empereur. La ligue catho-lique de l’Allemagne, obéissant à l’évolution lom-barde, parvient à gagner un autre fils de l’empereurHenry V, déjà couronné par son père à la diète d’Aix-la-Chapelle ; le pape Pascal II bénit sa rébellion ; le vieilempereur ne peut plus résister, et en 1006 il est dé-possédé.
On pouvait croire que Grégoire VII était vengé et quedésormais l’Eglise avait subjugué l’empire. En se révol-tant contre son père, Henry V avait accordé les investi-tures, il était le César que réclamait l’Église unitaire.Mais ce n’est pas l’Allemagne qu’il faut regarder,c’est l’Italie; et le pape décline chaque jour, emportépar l’insurrection des villes de la donation, sansqu’il puisse gouverner l’insurrection opposée desvilles lombardes. L’immense travail d’invective et decalomnie qui frappait Henry IV devient tout à coup