HANS TOUTE 1,’eUROT'F, 481
ses par la grandeur de la croisade. Il faut suivre laFrance dans sa loi souveraine : sa commune est la cour,son évêque est le roi, sa force est dans la multitudeaccensible et foudroyante , et pendant l’ère épiscopaleson peuple déifie l’Eglise que l’Allemagne dompte aunom du droit, en laissant chacun libre de dévelop-per sa misérable grandeur, par la religion ou parl’irréligion.
En Angleterre, la libre élection doit être fédérale etlégale en haine de la France, qui convoite le fief deNormandie au nom de Dieu et du peuple de Paris, etla révolution anglaise s’accomplit exactement au re-bours de la papauté comme la révolution germanique.Guillaume II, le fils du conquérant, empiète déjà surles biens du clergé, et n’hésite pas à braver les primatsde Cantorbéry, d’abord Lanfrank , ensuite le grandthéologien, saint Anselme. Henry I er , plus victorieuxque l’empereur en matière de religion, force le saintde Cantorbéry à lui céder les investitures, et son irréli-gion libératrice le rend si cher aux Anglais, que désor-mais ils acceptent la conquête, d’ailleurs compensée àleurs yeux par la prise de la Normandie. Mais sur cetteterre de l’exactitude et de l’obstination, ce n’est passans d’affreux déchirements que l’on peut arriver à unrésultat inviolable et légal. Étienne I er , qui enlève lesforteresses au clergé, provoque une rébellion cléricale sifurieuse et si féroce, que l’Angleterre en est boulever-sée ; le roi est un instant détrôné; la population tombedans la plus profonde misère, et la guerre se traîne àtravers des représailles épouvantables qui mettent endoute la civilisation elle-même. Enfin Henry II Plan-lagenet arrive : plus d’appels à Rome, plus d’excommu-nications sans la sanction du roi, plus de juridictions
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T. I.