490
LA LIBERTÉ DES EVEQUES
aux deux tourbillons de Novgorod, et de Kief, en fixantle siège de l’empire à Volodimir, dont il fortifie le rayonpacificateur par des villesnouvelles, Rostof, iVloskon etBoglioubof. Sa religion est toute légale et fédérale,comme celle de Frédéric Barberousse en Allemagne,de Henry II en Angleterre, de Erick IX en Suède etd’Alphonse VII, l’empereur des Es pagnes; et il règnetellement sur Dieu avec ses princes apanagés, et sa ca-pitale écrasante pour les vieilles Russies, que son im-piété fait frémir ; tous les historiens le considèrentcomme un monstre; il est assassiné par les siens, etpeut-être par sa femme qui l'abhorre. Mais les grandscriminels sont très-utiles à la Russie, son œuvre reste ;les anciennes capitales qu’il a détrônées ne peuvent plusse relever, et sa mort est vengée par son successeur Mi-kaïl 1 er qui triomphe de la réaction des prétendants.
L’opposition qui est au fond de chaque État se déve-loppe en sens inverse des gouvernements, de sorte quel’Europe opposante présente le spectacle retourné del’Europe régnante , avec les mêmes alternatives juri-diques et théologiques prises au rebours. Ainsi l’Allema-gne légale et fédérale se trouve assaillie dans sa diète,par une opposition théologique, par les tendances uni-taires des velfes de Bavière et par les anti-césars ortho-doxes qui propagent la démocratie, le papisme et le des-potisme. — La France, au contraire, théologique etunitaire, est rongée par l’opposition des grands vassauxqui luttent toujours contre le roi, au nom de la loi, et seliguent sans cesse avec l’Allemagne, l’Angleterre, l’Es-pagne et tous les gouvernements hostiles à la monar-chie. Ses communes elles-mêmes qui demandent un