-492 LA LIBERTÉ DES EVEQUES
altération, dans celte série, conduirait à un boulever-sement universel.
Les oppositions ne sauraient non plus s’évanouir.Tout gouvernement qui pousserait sa domination jus-qu’à rester maître unique du sol se trouverait seulau milieu des nations, sans courant qui pût lui trans-mettre le choc électrique du progrès; inférieur à tousses voisins, il serait bientôt définitivement fauché,comme la végétation parasite d’une terre inoccupée.C’est à l’opposition que tout gouvernement doit sa vie,ses révolutions, son animation, son rang dans l’huma-nité; c’est à ce Prométhée qu’on doit le feu sacré detous les arts; et si la fatalité ordonne de l’enchaînerau rocher pour le livrer au vautour qui le ronge, elledéfend aussi de tuer cet immortel factieux qui rêve sanscesse un triomphe impossible. Ainsi c’est la Bavière op-posante qui transmet le feu des révolutions italiennes àla diète impériale, qui l’étouffe pour en traduire le pro-grès, en sens inverse, dans ses formes germaniques. Aleur tour, le Danemark, la Pologne, la Hongrie reçoiventle choc de l’opposition intérieure des Jarls, des nobles,des paiens qui fraternisent avec l’impiété de l’Allemagneschismatique, et qui se voient humiliés à l’instant mêmeoù leurs idées sont adoptées et prises au rebours parles pouvoirs unitaires des trois royaumes. Quels sont leshommes qui introduisent le catholicisme dans les deuxroyaumes jumeaux de la Suède et de la Norwégel Desmissionnaires danois qui se glissent chez le roi, adver-saire éternel des paysans; et la révolution intérieures’accomplit quand on sacrifie le roi en transportantdans la loi des paysans les idées défaillantes avec lui.Les Russes sont poussés en avant par Kief qu’ils doiventtoujours dompter et qui sert de médiateur à toutes les