CHAPITRE IV.
LES SEIGNEURIES EN BANQUEROUTE.
Derniers jours de Vérone , — où les Scala abhorrés par le peu-ple—et trahis par leur condottiere—laissent tomber l’Etatsous la domination de Venise.—Derniers jours de Padoue oùles Carrare succombent également aux forces des Vénitiens.— Derniers jours de Ravenne, dont le seigneur, relégué àCrète par la république de Saint-Marc, meurt empoisonnéavec sa famille.— Udine' et Cividal tombent à leur tour aumoment où elles ne songeaient qu’à se combattre. — DesAppiani vendent Pise à Florence et s’établissent à Piombino,pied-à-terre dont ils créent l’indépendance. — Le peuple deFabriano extermine la dynastie des Chiavelli. — Nocera as-siste à l’extermination des Rasiglia. — Foligno égorge lesTrinci, qui avaient fatigué leurs sujets.—Osimo meurt de rage,—Terni de lassitude,—Agobbio de misère.—Orvieto rend sonàme en chassant le condottiere qui l’opprimait.—Viterbe enperdant ses deux dynasties : l’une impie des Prefetti, l’autrebizarre des Gatteschi. —■ Morts variées d’Ascoli, Terracine,Toseanella, Recanati et Palestrine.
Le tocsin de la révolution retentit triste et désolédans les États qui ne peuvent plus faire les frais de leurpropre indépendance : c’est le glas de la seigneurie;c’est le signal qui annonce l’agonie de la famille ré-gnante, dont les chefs, d’ordinaire honnêles, simplesetinnocents, semblent frappés d’une lourde stupeur et d’unvertige somnolent qui altère devant eux les propor-tions des objets. A leur grand étonnement, ils entendentcrier : Vive l’étranger ! vive l’ennemi ! vive la conquête !et tandis qu’ils s'efforcent de conserver à leurs sujetsl’antique indépendance, qu’ils considèrent comme lafélicité suprême, leurs sujets la repoussent comme unedispendieuse représentation d’employés, de douaniers,d’ambassadeurs et de courtisans armés pour les ernpè-