LES SMUNKCKIKS EN BANQl'ËHOCTE.
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d’époux, son courage de soldat, sa fierté de prétendant,son amour pour le peuple, sa courtoisie de chevalier,tranchent, comme une touchante anomalie, sur ce siè-cle où la loi de l’argent n’avait plus d’autre conlre-poidsque la rage des plébéiens.
On s’attendrit quand les vicissitudes des guerres ita-liennes le rétablissent dans le palais de ses ancêtres; onest près de verser des larmes quand il réclame inutile-ment son père captif de Milan; on l’applaudit malgrésoi, quand il tend la main à ses anciens ennemis,les Scala, qu’il réintègre à Vérone ; on l’approuve en-core quand il les fait détrôner en punissant leurs in-trigues. Toujours innocent, partout la justice adopte sacause. Mais il n’était que l’une de ces victimes dé-vouées que les peuples couronnaient de roses pour lessacrifier au Moloch de l’économie politique. En 140b,entouré par la ligue de Venise et de Milan, il ne songequ’à combattre; armant à la hâte cinquante mille sujets,il fait sonner le tocsin pour soulever les citoyens, et ilsse soulèvent contre lui, pour se livrer à Venise et pouraccomplir le sacrifice fatal de leur indépendance au cride: Mort aux Carrare ! Le malheureux, qui attendait deVenise au moins l’asile d’une prison, lit sa mort dans lesyeux irrités des multitudes vénitiennes qui accourentà sa rencontre; la république se hâte de signer l’ordreréclamé par le peuple, et il meurt, étranglé avec deuxde ses fils, au fond d’une prison, après avoir, l’escabeauà la main, disputé ses derniers instants aux bourreaux.Plus tard, ses deux autres fils tombent, atteints àl’étranger par les sicaires de la république, et Padoueperd ainsi, du même coup, sa dynastie, sa liberté, savie et même son char de guerre, relique municipale àlaquelle une tradition populaire attachait le sort de la