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LA CRISE A ROME.
qu’il l'ait souffrir aux six cardinaux, dont cinq périssentjetés à la mer dans des sacs, ne propagent la terreurqu’en provoquant à l’action d’autres conspirateurstonsurés, de sorte qu’il meurt empoisonné, «sumpto« veneno. »
Son successeur, Boniliace XIII, vend les indulgences,les monastères, les églises ; sous lui, on met à l’enchèreles bénéfices, on donne souvent un même bénéfice àplusieurs personnes pour en retirer plusieurs fois lamême somme, et quand le prix n’est pas soldé, onperçoit régulièrement les intérêts juqn’à l’extinctionde la dette. Cette richesse sacrilège n’épargne au pontifeni les attaques du comte de Fondi, qui arrive jusqu’auxportes de Rome, ni la nécessité de pendre trente-unconspirateurs romains attachés « caldi caldi » à la po-tence, ni l’humiliation de laisser impunie une foule derébellions que l’unité milanaise suscitait dans les di-verses villes de la seigneurie romaine. Quand l’unitémilanaise disparaît, l’impuissance pontificale reste lamême; pour prendre Assise, Pérouse et Bologne, le papemet eu gage Terracina, Narni et Nocera; son arméeobéit à Balthazar Cossa, ancien pirate, cardinal de cir-constance, véritable condottiere, sans loi, sans foi, sanspudeur, plus disposé à diriger une révolte fédéraleet militaire contre le chef de l’Église qu’à lui soumet-tre des provinces. A peine arrive-t-il à Bologne qu’ilrègne déjà en adversaire de Rome.
Plus tard, sous Innocent Vif, la misère soulève lepeuple à Rome, et quand le neveu du pape croit s’im-poser en égorgeant les consuls, le tocsin annonce lemassacre des ecclésiasliques, et Jean Colonna, chef del’insurrection, s’installe au Vatican. Il est vrai que bien-tôt on rappelle le pape fugitif, mais ce n’est pas pour se