LA CRISE MILITAIRE IHNS TOUTE l’eUROPE. L27
lui donner de l’argent, il surpasse tout a coup le géniede la finance italienne en lui ouvrant l’inépuisabletrésor des idées; son université développe les théoriesde Vicleff, Jean lluss prêche la réforme de l’Église, etRobert vaincu, la coalition en déroute, les guelfes dansl’impossibilité de continuer le mouvement avec un sei-gneur indigène, nomment le nouvel anti-césar Sigis-mond de Hongrie, qui arrive sur la scène comme uncondottiere couronné pour servir de pendant au papecondottiere de Bologne, tandis que Vinceslas correspondtoujours avec le pontife gibelin de Rome.
Mais, chose étonnante pour le vieux monde italien !sous les voûtes sacrées des cathédrales germaniques,on entend de nouveaux cris, des chants mystérieux,d’étranges invocations; au lieu de parler de la dette,de la rente, de la banque, les gibelins de la Bohêmeopposent au pontife d’Avignon un Dieu qui n’a pasencore paru sur la terre, et l’insurrection des hussites,l’égalité du calice, la guerre aux moines, les deux doc-teurs qui meurent pour leur loi au concile guelfe deConstance, Ziska qui les venge en faisant pleurer toutesles mères attachées à l’antique foi catholique, révèlentsous un jour inattendu un peuple de fanatiques douésde forces surnaturelles. L’ivrogne Vinceslas meurt fou-droyé par sa propre colère, au milieu de ce peuple qui..s’obstine à le rendre victorieux ; la Bohème proclamela république contre les rois, les papes et les empereurs ;ses soldats détruisent coup sur coup sept armées impé-riales et catholiques; les paysans armés de fléaux fou-droient plus de cent villes et de quinze mille villages :rien ne les arrête ni la science suspecte d’arlitîce, nil’art accusé de complicité avec les pères de Constance,ni le bon sens ennemi systématique de tout élan reli-