i 54
LA CUISE MILITAIRE DANS TOUTE L’EUROPE
pécuniaires comblaient les crevasses qu’on découvrait,au jour le jour, dans un édifice peut-être chance-lant sur tous les points, mais solide à la base. L’Eglisereproduisait donc dans son sein la vénalité universelle ;elle effaçait, à force d’argent, les contradictions entre lemérite et la grâce, entre l’œuvre et le mérite, entre lamesse et le bon sens, entre le paradis et l’enfer. Que si,au milieu des flammes des bûchers, on entendait quel-ques mots accusateurs; si des bruits sinistres partaientdu fond de l’Allemagne; si, d’après un politique italien,les peuples étant très-crédules, il était encore possibled’espérer une nouvelle religion opposée aux pontifes,c’est que, parmi les caractères de la crise, il y avaitcelui d’avoir porté partout une sorte d’arithmétiquemenaçante pour toutes les autorités républicaines oumonarchiques» Ces intermèdes despotiques ou tribuni-tiens, ces gueuseries intelligentes et terribles qui fer-* mentaient d’un bout à l’autre de l’Europe, ces dynas-ties chassées, interrompues et rétablies à condition, ces«éditions mal étouffées partout, excepté en Espagne eten Russie, où l’évolution géographique des conquêtestrompait celle des idées, en se reproduisant dans l’Eglise,faisaient entendre des mots nouveaux que l’élégancegréco-romaine des prélats s’efforçait en vain de confon-dre avec lespuérilitésdesscolastiquesguelfesou gibelins.