LE DÉNOMBREMENT DES REVOLUTIONS ITALIENNES. 235
l’infortunée Coinacine, autrefois une république etaujourd'hui un champ labouré au milieu du lac deComo.
L’agitation augmente dans la période des citoyens etdes concitoyens. Ici la guerre aux châteaux, la naturali-sation des châtelains, la création d’un nouveau peuple àla fois plus démocratique et plus féodal, les essais pourcréer la dictature civique et féodale du podestal, lesluttes entre les deux castes mises en présence, les har-dis châtelains qui tuent les consuls, les consuls qui,après un siège régulier, expulsent des familles, détrui-sant leurs palais et quelquefois tout un quartier féodalà peine sorti du sol, à la suite d’une victoire consulairesur la campagne ; enfin la réaction vaincue de Frédé-ric II, qui se promenait dans la haute Italie où il engen-drait la manie de l’assassinat, nous obligent à ajouter-au moins sept nouvelles révolutions. Gênes, Bologne,Plaisance en comptaient plus que le double. Camerinoet Sinigaglia rasées par les châtelains devaient ressusci-ter de leurs ruines, même dans le royaume du Midi.Une foule de villes étaient détruites, d’autres con-struites pour flageller, comme Flagella, les localitéslimitrophes.
Comment donner moins de sept révolutions à l’ondu-lation croissante des guelfes et des gibelins, à l’agitationcausée par la réaction pontificale, par la descente deCharles d’Anjou, par son ambition unitaire, par celled’Ecelino de Romano, et en général par l’effroyableanarchie du grand interrègne?
Les ondulations se ralentissent dans l’ère des tyrans,mais la réaction terrible et perçante de Boniface VIII,celle encore plus terrible et agitée de Henry VII deLuxembourg, introduisent aux moins cinq nouveaux