LE DENOMBREMENT DES REVOLUTIONS ITALIENNES. 257
ie passé, depuis le royaume, pour arriver à la fédérationde 148-4. Dans cette période , Gênes change quarantefois de gouvernement, la Corse quarante-cinq fois, etAssise, où la crise commence plus tôt, le 17 octobre1348, fait trois révolutions le même jour, en criant,le matin : vive l’Eglise; à midi, vive Pérouse, et le soir,vive l’Imbriglia, condottiere qui devient seigneur.
Tour à tour française et espagnole, la dernière épo-que se développe d'abord avec les guelfes victorieuxet chassés, ensuite avec les gibelins insurgés, puisdomptés par Charles-Quint, ce qui nous conduit au cou-ronnement de Bologne et au protectorat espagnol, à tra-versquatre dernières révolutions, nettement accentuéesà Milan et à Florence, et plus que doublées à Fano, àGênes, en Corse, à Rimini et dans plusieurs autres villesoù des flottements accidentels multiplient les gouverne-ments.
En additionnant les résultats de cette rapide analyse,on obtient le nombre de quarante-deux mutationspar ville; et, si nous multiplions ce chiffre par celuides centres politiques, nous aurons le nombre ap-proximatif de tous les gouvernements proclamés etdétruits par l’Italie aux beaux temps de sa suprématie.
Malheureusement, il n’est pas facile de compterles centres indépendants; le sol en révolution se jouesans cesse de toute légalité géographique; il n’obéitpas plus à la hiérarchie des villes épiscopales qu’àcelle des anciens centres stratégiques du royaume.D’après le catalogue ecclésiastique d’Uguelli, Pavie n’estqu’un satellite arraché à Milan, où siègent les arche-vêques de la Ligurie romaine ; d’après les souvenirs deslongobards, Milan n’est qu’une ville secondaire, sous lagarde de Como, Castelseprio, Monza et la Martesana.
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T. IV.