CHAPITRE Y IL
LES RÉVOLUTIONS DANS LES CHRONIQUES.
Précision mathématique de l’histoire idéale des révolutions.—Son exactitude se reproduisant dans l’histoire des chroniques.—Chroniqueurs qui assistent à la formation de la ligue ponti-ficale et impériale. — Chroniqueurs de l’ère des évêques, —des consuls, — des sectes, — des tyrans, — des seigneurs,—des condottieri,—et de la décadence.—Leur nombre toujoursproportionnel au nombre des centres des partis, des pointsde vue.— Leur style élégant ou inculte d’après la ville et laphase qu’ils représentent. — Leur sincérité prédéterminée parl’impossibilité où ils sont de sortir de l'époque à laquelle ilsappartiennent,—et de la contrée dont ils écrivent l’histoire.—Plus libre la poésie ne chérit au contraire que les régions fé-dérales, —tandis que les philosophes surgissent tous dans lescités militaires. — Dernière apparition de la loi idéale des ré-volutions dans l’histoire des beaux-arts.—Cimabué,—Giotto,—Paolo Ucello,— et les hommes du siècle de Léon X.
Voilà l’Italie expliquée, sa confusion dissipée, sesmystères éclairés à la lumière des idées. Son désordreextérieur et son énigmatique anarchie n’existaient quedans notre œil ignorant, dans nos fausses préventionscréées par l’érudition classique. Semblables à certainsarchitectes, nous prenions les mille flèches, les innom-brables statues, et les interminables arabesques d’uneimmense cathédrale pour les œuvres d’une barbarieinsensée ; mais pas un pli dans tous ces caprices de