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LES REVOLUTIONS DANS LES CHRONIQUES.
les Maures, restent élrangères à l’Allemagne ; la Hon-grie et la Pologne, envahies par les Tartares, perdenttoute corrélation avec les autres peuples ; le grand in-terrègne n’a pas le droit de s’étendre hors des confinsde l’Allemagne; le grand schisme lui-même est à peineconnu au loin. Suivez-vous les parlements? vous necomprenez plus les Français; suivez-vous les rois?vous faites rire les Anglais; admirez-vous les unitésnationales? l’Allemagne déchoit sans cesse; proclamez-vous les fédérations? plaignez donc la France qui secentralise toujours davantage: les guelfes et les gibelinsfont pitié aux Parisiens; les grands rois excitent l’hila-rité des Italiens; les lords semblent absurdes en Ecosse;les Ecossais à Londres, les Danois à Stockholm, les Sué-dois à Copenhague. Comment s’orienter, dans la politi-que qui dirige la guerre universelle entre les nations?comment comprendre la révolution sociale sans Rome?quel est le sens du pape, détaché du mouvement quiemporte l’Italie et qu’il représente malgré lui?
Mais ce qui étonne davantage, c’est que la loi idéalede l’Italie préside à l’apparition de ses chroniqueurs etque, avant l’ère odieusement verbeuse de la presse, ceshommes solennels arrivent les uns après les autres,en silence, pour représenter, avec leurs courtes no-tations, dans une langue quasi-liturgique, Lune desfaces d’une révolution à laquelle ils appartiennent.Leurs écrits- mutilés, rongés par les vers, noircis parla poussière, ces feuillets qu’on dirait échappés auxhasards d’une insouciance vandalique, se tiennentavec une précision qui surpasse l’attente des plus mi-nutieux philologues. Que trouvons-nous au début?Deux historiens, Procope et Jornandès, parce que deuxidées se disputent l’avenir de la nation : l’une pour lui