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LES RÉVOLUTIONS DANS LES CHRONIQUES.
leur nom. Voilà Noë qui entre dans l’arche, aux éclairsde la foudre, à la lueur des orages; voilà les arbresqui se brisent, un corbeau déchiquetant les yeux d’uncadavre, un enfant noyé dont le corps enflé d'eauforme un arc livide ; deux chevaliers qui se combattentaveuglément sans songer à la mort qui les menace, unhomme et une femme montés sur un buffle, qui bientôtva s’engloutir dans les flots; enfin Noë ouvre son arche,les oiseaux s’échappent, Dieu le regarde, la peinturese trouve réconciliée avec la nature, que Giotto n’avaitcomprise que dans l’homme, et qu’Ucello montre dansle théâtre même de l’humanité. — Mais est-il naturel,se demande Masaccio, que tant de figures restent tou-jours debout sur la pointe des pieds? Comment résiste-raient-elles à un si cruel supplice? Masaccio les metd’aploinb, en même temps les penche, les plie, les faitmouvoir de toutes les manières, varie les raccourcis àl’infini, habille ses personnages avec des draperies sou-ples, simples, naturelles; de sorte qu’on dit que les ta-bleaux antérieurs étaient vrais, mais les siens animéscomme la nature elle-même. Plus tard, Mantegna per-fectionne les raccourcis; Gozzoli montre l'image de sonsiècle dans les portraits, les costumes, les harnais, leschevaux, et jusque dans les plus minutieux détails. Bref,les peintres logent, meublent, rendent sociales et bienportantes les mille images qui tombent de leur imagi-nation sur les toiles. L’art de peindre à l'huile lesaccueille pour la première fois, en fixe les contours etles protège contre les aspérités de la toile ; et le Ghirlan-dajo, qui ajoute à la profondeur des perspectives parune économie bien entendue, supprime l’inutile orne-ment des franges d’or, dont les anciens surchargeaientles vêtements.