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Tome quatrième.
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328 l’italie pendant la révolution protestante.

cette unité factice que la géographie et la chronologiedonnent toujours à tous les événements d’une nation :c’est pour confirmer le mécanisme du progrès quej’ai dévoilé, et pour montrer comment, appliqué à denouvelles idées chez d’autres nations, il surpassepeu à peu le système pontifical et impérial qui avaitfait la gloire de l’Europe. Jusqu’ici, l’Ilalie expli-quait toutes les nations ; elle donnait à la Francede Charlemagne le pouvoir temporel, séparé du pou-voir spirituel ; à la France de Hugues Capet l’idée descroisades; à l’Espagne catholique l’inspiration qui diri-geait les trois mille combats contre les Maures; au par-lement anglais, à la diète germanique, au grand princede Russie, aux paysans de la Suède, à toutes les na-tions les principes de leur progrès social. A partir dela restauration de Charles-Quint, elle reçoit, au con-traire, son explication des autres nations : ce sont ellesqui mettent en mouvement ses guelfes et ses gibelins,son pape, ses républiques, ses seigneurs, ses exilésdevenus des bandits, et ses révolutionnaires devenusdes criminels de lèse-majesté. Elle ne se comprend plustoute seule, ne se suffit plus, ne peut peut plus domi-ner ses pensées, ses symboles, ses richesses, au restetoujours fastueuses; elle ne sait plus ni pourquoi Masa-niello vient l’étonner avec son émeute de onze jours,ni pour quelle raison la riante Venise fait noyer cinqcents conspirateurs, en 1618, ni par quel caprice Napleset Milan repoussent tout-à-coup l’inquisition espagnole,quoique fanatiques de l’inquisition pontificale. Ses ar-tistes, ses hérétiques, ses cardinaux, comme Bembo etConlarini ; ses physiciens, comme Galilée ; ses philo-sophes, comme Bruno; ses peintres, comme les Carra-che, n’offrent plus aucun sens, si on ne suit pas l’his-