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Tome quatrième.
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l’italie pendant la révolution protestante. 357

de la plus honteuse maladie, il s’appliquait au gou-vernement avec la même ardeur qu’il mettait un jourà violer l’évêque de Fano, espèce d’Adonis tonsuré,sage comme Télémaque, et si pieux qu’il mourait dedouleur en se voyant profané. Un si étrange politiquene pouvait pas manquer d’étudier Machiavel que l’oncommençait à admirer, et il s’en servait pour forcertous les grands, sous peine de la confiscation, à se fixerà Plaisance, qu’il voulait transformer en capitale duduché. Irrités de cet ordre, que la noblesse de Parmeméprisait, les Lando, les Pelavicini, les Anguissola,tour à tour maîtres de la ville dans l’ère de la répu-blique et des seigneurs, conspirèrent, s’insurgèrent etpoignardèrent l’ignoble disciple de Machiavel au mo-ment où il dînait. Ce fut un coup de tonnerre pour lepape son père, une désolation pour le cardinal Gambara,son instituteur, a Je lui ai appris à régner, s’écriait-il,et non pas à dîner sans gardes.» Le gouverneur espagnolde Milan, appelé par les conspirateurs, faillit s’emparerde la ville, mais cette tentative ne fit que raffermir leduché dans la tradition guelfe et française indispensablepour conserver l’indépendance. Le successeur de Pierre-Louis se borna donc à transporter sa capitale à Parme,plus loin de Milan et plus facile pour les guelfes et lesFarnesi, qui continuèrent de régner, en mûrissant ensilence l’horrible projet de massacrer tous les nobles.

C’est un malheur pour Venise d’être engagée dans laforme républicaine et de se traîner sous la chape deplomb de sa tradition byzantine. Sa centralisation s’ar-rête, son état reste disloqué, ses villes gardent une in-dépendance municipale qui place la domination véni-tienne au-dessous de la révolution de Sixte-Quint.Toute son unité réside dans l’inquisition des Trois, si