l’italie pendant le siècle de louis xiv. 413
contre la liberté des nations. Grotius soumet tousles peuples aux lois de la justice naturelle, et une■vaste révolution s’accomplit chez tous les peuples. Al’extérieur, toute nation devient souveraine, abstrac-tion faite de sa croyance; elle forme un monopole, elles’organise en vue de considérations exclusivement éco-nomiques, elle cherche à régner sur des colonies, àattirer chez elle l’argent de ses voisins, à créer desmanufactures qui s’introduisent de vive force, oupar les traités ou par le bas prix, chez les peuplesles plus éloignés. Une préoccupation générale faitmesurer l’importance des États au poids de l’ar-gent dont ils disposent, et tout gouvernement necompte dans la balance européenne que d’après lenombre de ses soldats et celui de ses écus. A l’inté-rieur la même révolution réforme les lois souve-raines des États ; le pouvoir suprême, roi ou diète, sesimplifie de manière à représenter réellement la nationdans la balance générale ; les habitudes du commerce etl’institution des armées permanentes soumettent à desrègles nouvelles, et on dirait à une même comptabilité,les diverses classes, les franchises nationales, les sou-venirs traditionnels. On s’efforce de trouver unesorte de monnaie idéale ou de talisman financier pouropérer, ne fût-ce qu’en imagination, toutes les per-mutations nécessaires au bilan intérieur le plus pro-fitable en face de l’ennemi. En un mot, l’Europe sesécularise dans son ensemble qui constitue une répu-blique de peuples souverains et dans chaque nation oùl’on perfectionne la liberté ou la servitude de l’ère an-térieure.
Ce n’est pas qu’on abolisse l’existence de Dieu, ouque l’on renonce à la foi, ou que l’on proclame le règne