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Tome quatrième.
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l’iTaLIE PENDANT LE SIECLE DE LOUIS XIV. 43Î)

lel-de-Ville de Paris avait décerné au roi, les chroniquessavoisiennes le donnèrent au petit Charlemagne de chezelles. Et tandis que l’État se développait ainsi d’après lesformes delà France, le duc profita de son armée, qui n’a-vait traversé ni le désarmement des seigneurs,[ni le bou-leversement de la crise militaire, et joua sous une nou-velle forme son ancien rôle d’ennemi de la France et del’Empire. Toujours ami de la puissance favorisée de lafortune, toujours fidèle à Tunique principe du succès, ildonna au droit souverain de changer sans cesse de partile développement inattendu que lui permettaient l’effa-cement complet des principes religieux et la persua-sion où il était que la raison d’État est la suprême raisondes chefs et des peuples. Tour à tour allié de la Francecontre l’empire, ou de l’empire contre la France, aucunprince ne se promena plus souvent d’un camp à l’autre,personne ne mit plus d’entrain dans des voltes-faces plusmultipliées ; jamais il ne fut ce qu’il paraissait; en levoyant généralissime de l’Autriche, on pouvait parierà coup sûr qu'il négociait secrètement avec Louis XIV ;généralissime de la France, on pouvait affirmer qu’ilguettait le moment de la trahir, d’accord avec lesgénéraux de l’empire. Il se cachait sous mille dé-guisements bizarres, tantôt dans les écuries d’un maî-tre de poste, tantôt dans le carnaval de Venise, tan-tôt dans la ruelle d’une dame d’honneur, tantôt surle champ même de bataille, où il simulait une guerresous Casai, pour tromper ses amis et se dire forcé decéder; il déserta la France quand il fallaitlui présenterun front armé de baïonnettes autrichiennes, et soutenudans son héroïque défense de Turin par un peupleadmirable, par des soldats à toute épreuve, par la foide la ville, qui voyait dans le ciel la Vierge renvoyer