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Tome quatrième.
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LÙTALIF. PENDANT LA REVOLUTION FRANÇAISE. -481

ne peut se mesurer avec les tribuns de Paris, quelFrançais voudrait se comparer aux philosophes del’Allemagne? Ici on pense pour agir, on plaide pourpersuader, ou part de la donnée de la justice pourprendre d’assaut la vérité, là on médite, on contemple,on démontre, on sacrifie tout à la découverte des plushautes vérités, d’où l’on descend avec peine dans lesprécipices de l’injustice. De ce côté du Rhin, on adoreDieu, on croit au libre arbitre, et on fait de l’athéismelui-même une sorte de religion; de l’autre côté du Rhinonadore la logique,et on transporte lesoracles de Brunoet de Spinosa jusque dans l’Ancien et le Nouveau Testa-ment. Enfin tandis que le théâtre français puise sa forceou sa faiblesse dans des proverbes philosophiques, misen action sur une scène classique et respectueuse pourla censure, Schiller et Goethe révèlent l’éternelle libertédu genre humain, en évoquant les plus grands souve-nirs de tous les temps et de tous les lieux.

Protégé par la république fédérale de la diète, chaque.État copie à son tour l’initiation française à l’instantmême où il repousse l’invasion de la France. Quel estle recoin de l’Allemagne qui soit resté étranger à l’hé-roïque enthousiasme de 1809? Où n’a-t-on pas vu unispar d’indissolubles liens le respect de la loi et l’amourde la révolution, ces deux choses si incompatibles àParis? Là, l’Autriche opposait à la jactance d’éphémèresconquêtes son propre agrandissement, à l’absolutismenapoléonien sa démocratie paternelle, à des édits fasti-dieusement emphatiques le silence actif d’une adminis-tration sans huissiers, sans avoués, sans désordreshypothécaires, sans offices publics trafiqués, sans cesflottements financiers inséparables de l’action du des-potisme. Sa domination rétablie ou acceptée se présen-

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T. IV.