Cette affluence de publications facilite-t-elle cepen-dant, autant qu’on pourrait le croire, l’étude pratiquedes opérations de guerre, et en est-il beaucoupparmi elles qui réunissent les conditions requisespour constituer (selon l’heureuse expression du géné-ral Paris) le « vrai bréviaire de l’officier » ?
Il est permis d’en douter. — Les plus estimés deces ouvrages sont nécessairement volumineux, parsuite, peu portatifs et trop chers ; ils ont leur placemarquée dans les bibliothèques d’état-major, maison ne les rencontre que rarement dans la bibliothèqueparticulière des officiers. Beaucoup, du reste, n’ayantété tirés qu’à petit nombre, sont rapidement devenusrares et on ne se les procure qu’à grand’peine;d’autres, enfin, sont tout à fait épuisés.
Ces raisons toutes matérielles ne sont pas, ausurplus, les seules qui empêchent de tirer de beaucoupd’ouvrages spéciaux tout le profit qu’on pourrait enattendre. On se plaint encore de les trouver tropsouvent confus, prolixes, alourdis par des considéra-tions générales ou étrangères au sujet, encombrés dedétails oiseux ou fastidieux, en un mot, fatigants à lireet même peu commodes à consulter ; on se prend àregretter que la forme ne réponde guère au fond, etque maint historien militaire, d’ailleurs parfaitementrenseigné et profondément versé dans son art, ait faittrop bon marché des qualités essentielles du genre :l’ordre, la méthode, la clarté, la simplicité.
Ces qualités, indispensables à tout écrivain, maissurtout à tout écrivain technique, nous nous flattons