Roltweil, s’étail laissé surprendre par les Bavarois,à Tütllingen, en Souabe (25 novembre); il n’en res-tait (pie des débris qui avaient eu grand’peine àgagner l’Alsace; en même temps, on apprenait queles Suédois, qui jusqu’alors avaient fait cause com-mune avec les Français, les avaient brusquementquittés pour retourner dans le Ilolstein, sans mêmedonner avis de leur départ.
La tâche qui allait échoir à Turenne était doncparticulièrement ingrate eL périlleuse, à ce point quelui-même ne put s’empêcher d’y voir une preuve demauvaise volonté et de jalousie de la part de Mazarin.Mais il était à la hauteur des circonstances las plusdifficiles : bien qu’il n’eût encore que trenle-deux ans,ses dix-neuf années de service et quinze campagnesavaient mûri son caractère et ses talents : il avait sumellre à profit les leçons des différents chefs sous les-quels il s’était trouvé, s’attachant à prendre de chacund’eux ce qu’il avait de meilleur. C’est ainsi qu’ildisait, — et nous ne saurions nous dispenser dereproduire, après tant d’autres, ce passage caracté-ristique de Ramsay, — « qu’il tenait du princed’Orange, son oncle, les principes de bien choisir uncamp, d’attaquer une place selon les règles, de for-mer de loin un projet et de n’en rien faire paraîtrequ’au moment de l’exécution. En parlant du duc deWeimar, il disait que, de rien, ce général faisaittoutes choses et ne s’enorgueillissait point de ses suc-cès; que, lorsqu’il avait du malheur, il ne songeaitpas tant à se plaindre qu’à s’en relever. Il avaitremarqué, sous le cardinal de la Valette, que, pourêtre agréable aux militaires, il fallait, en allant à