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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Au contraire, dans le nord de l’Allemagne, Bancr,le « second Gustave », qui avait succédé à Horn et àBernliard de Weimar dans le commandement destroupes suédoises, n’avait point à se plaindre durésultat de la campagne. Forcé de reculer jusqu’enPoméranie après la défection de l’électeur de Saxe,il n’était d’abord parvenu qu’à grand’pcine à s’ymaintenir; bientôt, renforcé de quelques troupes quela Diète de Stockholm avait retirées de Pologne, etdégagé par la diversion de la France, il avait repris l’of-fensive et porté la guerre dans les États de l’électeurde Saxe : il battit, à Dœmitz, le général saxon Bau-dissin et lui tua ou lui prit 4,000 hommes; puis,réuni à Torstenson, il atteignit et détruisit, près deKyritz, sept régiments impériaux aux ordres deMarazzini. C’est par de tels succès que l’habile généralsuédois préluda aux opérations non moins heureuseset plus décisives de la campagne de 1636.

Dans l’automne de 1633, le cardinal de Richelieu,désireux de rattacher plus étroitement le duc deWeimar à la cause française, conclut avec lui, àSaint-Germain, un traité particulier qui mérite d’êtresignalé. Depuis longtemps, Bernhard visait à se rendreindépendant de la Suède, qui se défiait de lui et dontil avait quelque raison de se défier lui-même;d’autre part, comme il n’avait guère d’espoir derecouvrer le duché de Franconie, qui lui avait étédonné par Gustave-Adolphe, il cherchait à se dédom-mager ailleurs. Il signa donc avec empressement uneconvention qui lui assurait, outre une pension per-sonnelle et viagère de 130,000 livres, un subsideannuel de 4 millions pour l’entretien d’une armée de