Buch 
Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
Entstehung
Seite
49
JPEG-Download
 

— 49

Cependant, le renfort amené par le duc d’Anguienpermit au général français de reprendre l’offensive àl’automne; il repassa le Rhin, traversa la forêt Noireet mit le siège devant Rottweil, sur le haut Neckar,place bavaroise qui renfermait de grands magasins.Elle succomba le 19 novembre, mais l’armée franco-weimarienne y perdit S,000 hommes, et son chef futmortellement atteint dans la tranchée d’un coup defauconneau. Le commandement passa au comte deRantzau, vaillant soldat glorieusement mutilé dansvingt campagnes — c’est de lui qu’on a dit « qu’iln’avait rien d’entier que le cœur », — mais qui étaitpeu connu des Weimariens, sur lesquels Guébriantavait su prendre une grande influence. 11 en résultades tiraillements, et la cavalerie weimarienne ayantrefusé de suivre Rantzau dans les quartiers qu’il avaitchoisis, l’armée se trouva dispersée dans des canton-nements trop étendus, les Français occupant Tiitt-lingen, sur la rive droite du Danube, et Mœhringensur la rive gauche, les Weimariens faisant bandeà part à Mühlheim. C'est dans cette situation que lespremiers furent surpris le 24 novembre, à la tombéede la nuit (à l’heure même où Guébriant expirait àRottweil, où il s’était fait transporter), par les troupesréunies de Jean de Wœrtli, de Mercy et du duc deLorraine; Rosen, qui commandait les Weimariens,fit peu d’efforts pour dégager ses compagnons d’armeset s’enfuit tout d’une traite jusqu’en Alsace. La plu-part des généraux, y compris Rantzau, furent cap-turés, ainsi que l’artillerie et la plus grande partiedes fantassins. Quelques milliers de cavaliers par-vinrent toutefois à gagner Brisach, et s’éparpillèrent,

4