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premier soin fut de rassembler les débris de Tiitt-lingen, de les retirer de l’Alsace ruinée et de lesramener derrière les Vosges, où il les installa dans debons cantonnements. Pour étendre davantage etmieux assurer ses quartiers, il fit enlever les petitesplaces franc-comtoises de Vesoul et de Luxeuil, quiappartenaient aux Espagnols; puis, s’établissant desa personne à Remiremont, il se consacra tout entierà la reconstitution de ses forces. Ce qui lui faisait leplus défaut, c’était l’argent, car le trésor royal étaitfort appauvri, et ce n’était qu’à la dernière extrémitéque le parcimonieux cardinal Mazarin se résignait àallouer une « montre » — mois de solde — quandil en était dû cinq ou six. Aussi Turenne, qui avaità pourvoir, non seulement à l’entretien de ses trou-pes, mais encore à l’achat d’un nouveau matériel,n’hésita pas à emprunter, en son nom personnel, dessommes relativement considérables — ce qui estd’autant plus digne d’éloges qu’à cette époque lesgrands faisaient payer très cher les moindres servicesqu’ils rendaient à la couronne. C’est ainsi que lemaréchal parvint à réorganiser son artillerie et sescharrois, et surtout à remonter sa cavalerie alle-mande. Celle-ci redevint, en peu de temps, suffisam-ment respectable : Turenne, bien accueilli par lesWeimariens, qui se souvenaient de l’ancien lieutenantdu duc Bernhard, et activement secondé par leursprincipaux chefs, Taupadel et Rosen, n’eut point depeine à rétablir la discipline parmi ces vétérans.Mais, malgré ses efforts, il ne réussit qu’imparfaite-ment à refaire son infanterie, qui, à la fin de l’hiver,laissait encore fort à désirer comme quantité, et encore