puisse affirmer que, s’il put être intérieurementfroissé de se voir subordonné au duc d’Anguien, ilsut faire en sorte qu’il n’en parût rien, et surtoutqu’il ne se laissa pas un instant guider, dans le ser-vice, par des sentiments de rancune et de jalousiepersonnelles. Quoi qu’il en soit, l’attaque fut fixée aulendemain et d’Anguien s’en alla aussitôt, en compa-gnie de Turenne, faire une reconnaissance complètedu camp ennemi et de ses abords.
Fribourg en Brisgau est situé au pied des dernierscontreforts des montagnes de la forêt Noire, sur larive droite de la Dreisam ; cette rivière, débouchantde la gorge, alors impraticable, du Val d’Enfer (Hœl-lentlial) et qui a jusque-là coulé de l’est à l’ouest,s’infléchit immédiatement après vers le nord-ouest,pour aller se jeter dans l’EIz, et arrose une plaine engrande partie couverte de bois marécageux, connussous le nom de Mooswald. En ce temps-là, sansdoute, le Mooswald était encore plus étendu et moinsfrayé qu’aujourd’hui, de sorte qu’au nord et à l’ouest— en dehors de la roule qui conduisait à Brisach —la ville n’était guère d’un abord plus facile qu’au sudet à l’est, où elle est dominée par des hauteursescarpées. De ces hauteurs, dont les flancs sontplantés de vignes et la partie supérieure boisée, laplus voisine de Fribourg est le Schlossberg (à l’est),qui s’élève à 465 mètres au-dessus du niveau de lamer, ou 200 mètres environ au-dessus de la plaine ;dès le commencement du siège, Mercy y avaitinstallé une batterie qui avait bombardé la place avecsuccès. Au sud, s’échelonnent, de l’est à l’ouest, troisautres collines de400 à 600 mètres : le Brünnenberg,