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dispensa d’aller assiéger Luxembourg, persuadé que,s’il s’en allait guerroyer contre les Espagnols au delàde la Moselle, ce serait « la perte des affaires d’Alle-magne ». Au surplus, l’événement ne tarda pas àjustifier sa prévoyance; les combinaisons essayées àMünster et à Osnabrück avortèrent ; chacun reprit saligne accoutumée, et l’électeur de Bavière, tout lepremier, s’empressa d’envoyer ses troupes rejoindrecelles de l’Empereur^). L’armée bavaroise, toujourscommandée par Geleen et forte de 8,000 hommes,se porta sur Homburg, où elle se réunit à celle del’archiduc Léopold, qui amenait de la Franconie13,000 chevaux et 11,000 fantassins. Se trouvantdès lors à la tête de 32,000 hommes, l’archiducdécida de marcher immédiatement sur le Rhin, defaçon à s’interposer entre les Suédois et les Français,qui n’allaient sans doute pas tarder à reprendre lacampagne.
Effectivement, dès que Turenne eut été informéde la jonction des Bavarois avec les Impériaux, ilprit le parti d’aller retrouver Wrangel, et, comme illui était maintenant difficile de franchir le Rhin àBacharach, l’ennemi occupant le pays de Nassau, il
('/ D'après les historiens catholiques de la guerre de Trenteans, ce nouveau revirement fut déterminé par les agissementsdes Français, qui ravagèrent les Etats de l'électeur de Colognepour forcer le prince à la neutralité, et par l'arrogance desSuédois, qui se refusèrent à tout arrangement. Au contraire, lamajorité des historiens militaires admettent, avec Turennô lui-même, que les Bavarois s’étaient joints aux Impériaux avant queles Français entrassent dans l’électorat de Cologne et que lemaréchal no le traversa que pour rejoindre Wrangel. C’est la'version que nous suivons ici.