208 —
étaient particulièrement fortes; elles consistaient enun retranchement continu renforcé de distance endistance par des redoutes et des ouvrages à cornesgarnis d’artillerie, avec un fossé de douze pieds delargeur et dix de profondeur; en avant, sur toutle pourtour, régnait une sorte d’esplanade semée detrous de loup en échiquier et protégée par un avant-fossé palissadé, large de neuf pieds et profond de six.
Turenne, ayant remarqué que le quartier de Condéétait encore mieux fortifié que les autres et gardé avecplus de soin, se décida à attaquer, au nord-ouest,celui de don Fernando de Solis, qui non seulementsemblait le plus faible, mais encore était le pluséloigné du prince ; le maréchal d’IIocquincourt devaitagir à sa droite, le long de la Scarpe, le maréchal deLa Ferté à sa gauche, le long de la route de Béthune,ce qui devait le mettre aux prises avec une partiedes troupes de Fuensaldana. Il devait y avoir enmême temps .trois fausses attaques : la première àl’extrémité opposée des lignes de Fuensaldana, auxenvirons du village d’Athies; la seconde vers Agny,contre celles du prince de Condé; la troisièmepar la route de Saint-Pol, contre le quartier desLorrains. En donnant la préférence à une attaquede nuit, malgré l’incertitude de ce genre d’opérations,le maréchal avait surtout pour but de masquer lemouvement qu’il devait effectuer autour de la place,à quelques centaines de pas des retranchements
manifestement défectueux ; celui que donne l'historiographe dola maison de Condé, Desormeaux, est plus exact et plus complet;c’est celui que l'on a suivi ici et qui a servi de base pour l’établis-sement du croquis ci-dessus.