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péniblement quelques villessur la frontière septentrio-nale, la trahison eût livré aux ennemis les forteressesde Picardie et les eût amenés presque aux portes deParis ! » (’) Par bonheur, le complot fut éventé àtemps et Mazarin donna ordre à Turenne d’allermettre le siège devant Péronne et llam ; toutefois, lemaréchal pensa qu’il valait mieux entrer en pour-parlers avec d’IIocquincourt, qui consentit à la remisedes deux villes moyennant une rançon de 200,000écus; cet accommodement singulier, mais en tout caspratique, reçut immédiatement son exécution, et leprince de Condé, qui déjà s’avancait vers la Sommepour prendre possession de Péronne, se hâta derepasser la frontière.
Peu de temps après, les Espagnols se voyaientprivés du secours des troupes lorraines, qui, se plai-gnant d être traitées avec mépris par Condé et parl’archiduc, passaient en masse au service de la France,à la condition de conserver leur autonomie et degarder leurs chefs et leurs couleurs ( 2 ). Enfin, aprèsde laborieuses négociations, Mazarin conclut avecOlivier Cromwell le traité de Westminster (3 no-vembre). Ce n’était encore, à vrai dire, qu’un traité « de
(') Chéruei,, Histoire de France sous le ministère de Mazarin.
( 4 ) Kilos s’élevaient encore à environ 7,000 hommes. C'est, bienà tort que l’on a représenté l’irritation îles troupes lorrainescontre les Espagnols comme eauséo par la prolongation do lacaptivité de leur duc. Tout au contraire, c’est parce queCharles IV, désireux de sortir de prison, proposait il Philippe IVdo lui vendre définitivement son armée — qui eût été alorsfondue dans les troupes espagnoles — que les Lorrains se déci-dèrent à accepter les propositions qui leur étaient faites depuislongtemps sous main par les agents de Mazarin.