matériels, de tracer les lignes de contrevallation etde circonvallation dans un sol sablonneux et mou-vant, ou bien spongieux et sans consistance, d’établirdes communications entre les différentes parties ducamp au milieu de l’eau et de la boue, enfin, de bar-rer au moyen de fortes eslacades Yestran, ou partiede la plage que le reflux laissait à découvert et qui,pendant plusieurs heures chaque jour, ouvrait àl’ennemi un chemin plus commode qu'aucun autre.
Dès que l’investissement fut complet, Louis XIVse rendit avec le cardinal de Calais à Mardick, afinde suivre de plus près les travaux du siège. Ce futen leur présence que l’on ouvrit la tranchée, dans lanuit du 4 au 5 juin. Les fortifications offraient undéveloppement considérable, trop considérable mômepour l’effectif de la garnison, qui ne s’élevait qu’à2,200 hommes de pied et 700 ou 800 chevaux;outre l’ancienne muraille flanquée de tours qui entou-rait la vieille ville, il y avait une seconde enceinte enterre, de 12 bastions, renforcée par de nombreuxouvrages extérieurs ; de plus, le port était défendupar deux forts de mer, le fort Léon et le fort de Bois;quant au fort Royal, commencé par les Espagnols,au sud de la ville, sur le canal de Bergues, il avaitété abandonné à l’approche des Français et servaitd’appui à leurs lignes de circonvallation. Le marquisde Leyde, gouverneur de la ville, qui l’avait déjàdéfendue bravement contre Condé en 1646, étaitrésolu à faire une résistance opiniâtre et, a plusieursreprises, il essaya de ruiner les travaux des assié-geants; mais toutes ses tentatives échouèrent, sessorties furent repoussées et il n’attendit plus le salut