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de la place que de l’arrivée d’une armée de secours.
Cette armée se réunissait, effectivement, mais avecbeaucoup de lenteur. Dès le début de la campagne,les Espagnols, s’imaginant que l’objectif réel deTurenne était Cambrai (*), ou tout au plus les placesde l’Artois, avaient dispersé leurs forces dans les villesqu’ils croyaient menacées; même après que l’arméefrançaise eut paru devant Dunkerque, ils persistèrentà croire que ce n’était qu’une feinte, et ne commen-cèrent à s’émouvoir que lorsqu’ils apprirent que laville était étroitement bloquée. Alors don Juan d’Au-triche et Caracena rassemblèrent à Ypres toutes leursforces disponibles, qui montaient à 6,000 fantassinset 8,000 chevaux, et marchèrent rapidement surNieuport et Fûmes (10 juin) sans même attendre leurartillerie, retardée par le mauvais état des chemins.Le 13, après une reconnaissance des lignes ennemiesoù le maréchal d’IIocquincourt fut mortellementblessé, ils s’avancèrent le long du rivage et vinrentcamper au milieu des dunes, en avant de Zuydcoote,sans prendre la peine de se couvrir du moindreretranchement : ils étaient persuadés que leur seuleprésence suffirait à faire lever le siège et supportè-rent impatiemment les représentations de Condé etdu duc d’York, révoltés de tant de présomption jointeà tant d’impéritie.
Le même jour, dans l’après-midi, Turenne alla
(') Selon le due d’York, on était convaincu à Bruxelles queMazarin voulait Cambrai pour s’en faire nommer évêque etprince, et que Turenne ne demandait qu’à en faire le siège pourréparer l’échec qu’il avait éprouvé devant la ville, l’année précé-dente.