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la plus forte des Pays-Bas et renfermant une gar-nison de 3,000 soldats résolus. On n’en vint à boutqu’avec de grands sacrifices d’hommes et après vingtet un jours de tranchée ouverte (27 août). Après quoiTurenne, laissé libre par Mazarin « de faire leschoses qu’il trouverait le plus à propos », rassemblases troupes et celles de La Ferté, qui retournait àParis, dans les environs de Dunkerque, et entra réso-lument dans les Pays-Bas par Dixmude, Thielt etDeynze. Son véritable objectif n’était cependant pasGand, mais Audenarde, ville populeuse, à cheval surl’Escaut, qui lui semblait « de plus de conséquencequ’aucune de celles que le roi ait jamais tenue enFlandre ( l ) » et très propre, en raison de sa situationet de ses ressources, à former un « grand établisse-ment », un poste avancé de premier ordre. La place,assez mal fortifiée, fut prise en quarante-huit heures(9 septembre), et personne ne douta plus qu’assuréde ce point d’appui, le maréchal ne marchât droit surBruxelles, qui se trouvait à découvert. Au lieu decela, il préféra revenir sur la Lys et s’emparer deMenin, d’Ypres et de Comines, dont la possession luiétait indispensable pour assurer les communicationsd’Audenarde avec Dixmude et les places françaises dela Flandre maritime.
Napoléon a nettement blâmé ce manque de réso-lution : « Turenne, dit-il, pouvait faire plus qu’iln’a fait; il devait frapper un grand coup, prendreBruxelles, ce qui eût donné une toute autre illus-tration aux armes françaises et accéléré la conclu-
(9 Turenne au sêcrétaire d'Etat Le Tcllier, 27 septembre 1658.
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