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avaient été placés en avant dans la ville, et surtoutdans les jardins de la rive opposée. Quant à l’artil-lerie, les Impériaux n’en possédaient point.
Au contraire, Turenne avait amené avec lui sixpièces de canon, et si sa cavalerie était un peu moinsnombreuse que celle de l’ennemi, son infanterie, enrevanche, était supérieure de plus du double, desorte que, dans un terrain aussi accidenté et aussicoupé, l’avantage était plutôt du côté des Français.C’est ce qui décida le maréchal à tenter l’attaque,malgré la force de la position et bien que ses troupes,parties de Wiesloch au point du jour, vinssent demarcher sans désemparer cinq à six heures de suite.Au reste, il n’avait pas fait une course de quarantelieues à la recherche des Impériaux pour se retirersans rien entreprendre, après avoir réussi à lesjoindre; il eût été fâcheux d’ouvrir la campagne parune véritable reculade, qui n’aurait pas manqué deproduire un grand effet.
Vers 9 heures du matin, Turenne lança une partiede son infanterie à l’attaque des jardins de la rivegauche; après une assez vive résistance, les défen-seurs cédèrent et se réfugièrent dans Sinsheim, oùles Français pénétrèrent à leur suite : le feu de l’ar-tillerie qui, pendant ce temps, n’avait pas cessé decanonner la rive droite, empêcha Caprara de s’avancerpour recueillir ses fuyards et facilita ainsi le débou-ché du reste de l’armée. De plus, en se retirant unpeu en arrière pour se soustraire aux ravages du feu,la cavalerie impériale découvrit les abords du plateau,que l’infanterie escalada en obliquant à droite et àgauche ; Turenne en profita pour déployer ses esca-