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Précis des campagnes de Turenne 1644-1675 / [H. Turenne]
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Le 2, il vint à Bninstadt, coucha, le 3, à Ensisheimet arriva le 4 à Pfaffenheim, au nord de Rouffach :étapes assurément fort médiocres; enfin, le 5 janvier,ayant appris cjue les alliés avaient pris position surla Feclit, entre Colmar et Türckheim, il résolut demarcher à eux et d’engager une action décisive. Maiscela faisait beaucoup de temps perdu, et l’ennemi,revenu de sa surprise, était désormais en mesurede livrer bataille avec la majeure partie de sesforces.

Napoléon a tout dit, à cet égard, dans une « ob-servation » frappée au coin du génie, qu’il est indis-pensable de reproduire ici : « C’est le 27 décembreque Turenne est arrivé à Belfort, et c’est le 5 janvierqu’il a livré le combat de Türckheim, ce qui fait neufjours; c’est six trop tard. Il y a de Belfort à Colmarquatorze lieues; les cantonnements une fois réunis àBelfort, la manœuvre était démasquée, il n’y avaitplus une heure à perdre : si Turenne eût marchéavec plus de rapidité, il eût obtenu de grands résul-tats. Tous les quartiers de l’ennemi avaient eu letemps de se rallier, de sorte qu’au champ de Colmaril a trouvé toute l’armée réunie; il eût dû prévenirleur réunion. Tout le génie de cette opération consis-tait à arriver sur le pont de Strasbourg avant quel’armée fût ralliée; Turenne la manqua: une pareillemanœuvre aurait été féconde en grands résultats etd’un succès certain. Si, au lieu de déboucher parBelfort, c’est-à-dire par l’extrémité des Vosges,Turenne eût débouché par le milieu des Vosges, droitsur Colmar et Strasbourg, il fût arrivé avant queles cantonnements se fussent ralliés. Il a dans cette