occasion montré plus de talent pour la conception dece beau plan que dans son exécution. »
Quoi qu’il en soit, Turenne, débouchant d’Egis-heim dans la matinée du 5 janvier, trouva les alliésavantageusement postés derrière la dérivation de laEeclit que l’on appelait le « Mühlbach » (le Logelbachd’aujourd’hui). Le canal était guéable en maints en-droits, mais on avait eu soin de gâter les principauxpassages et des retranchements rapidement construitscouvraient la plus grande partie du front de l’armée.La gauche, formée par l’armée du Grand Électeur,était solidement appuyée à Colmar, dont les rempartsà demi ruinés avaient été garnis de canons du côtéoù l’ennemi devait se présenter ; mais la droite, com-posée de troupes impériales et lorraines et de cellesde Munster et de Lunebourg, était un peu trop enl’air, le développement déjà très grand de la lignede bataille n’ayant pas permis d’étendre cette ailejusqu’à Türckheim, que l’on se contenta de faireoccuper par 2 bataillons; entre la ville et l’extrêmedroite du corps de Bournonville, il y avait un inter-valle d’environ 4,500 pas. Les Allemands étaientrangés sur deux lignes, l’infanterie au centre, lacavalerie aux ailes ; en arrière du centre était placéeune forte réserve des deux armes ; l’effectif total destroupes alliées pouvait s’élever à 33,000 combattants.
L’armée qui s’avancait pour les attaquer n’étaitguère inférieure en nombre, les renforts reçus deFranche-Comté l’ayant reportée à 30,000 hommesenviron. Elle s’était mise en marche sur trois colon-nes, et semblait se diriger droit sur les positions en-nemies; mais, arrivé à la hauteur de Wettolsheim,