des Français, qui avaient facilement passé la Fecliten amont. Reçus par le feu des mousquetaires postéssur le flanc des coteaux qui bordent la rivière entreTiirckheim et Ingersheim, les Allemands ripostèrentvigoureusement jusqu’à ce que Tu renne, gagnant peuà peu du terrain le long de la Feclit, fût parvenu àles déborder. Ils se replièrent alors sur le gros, queles mouvements du comte de Lorges avaient retenujusqu’à la nuit sur ses positions.
Ce combat, qui ne dura guère plus de trois heureset ne coûta aux alliés que 300 tués et 600 blessés (lesFrançais eurent environ 200 hommes hors de com-bat), eut des conséquences assez inattendues. Turenne,ne se faisant pas illusion sur la portée réelle de sonsuccès, s’apprêtait à livrer le lendemain une bataillesérieuse, lorsqu’il apprit que l’ennemi avait décampédans la nuit et qu’il était en pleine retraite sur Sclie-lestadt. Le Grand Electeur en avait assez d’une guerrepénible et onéreuse, qui pouvait avoir pour résultatde faire rentrer l’Alsace sous la domination impériale,mais qui ne devait rien lui rapporter, à lui, non plusqu’aux autres princes de l’Allemagne du Nord. LesImpériaux, de leur côté, étaient fatigués de celtecampagne d’hiver dont le début leur avait été si peufavorable; le désaccord régnait entre les chefs desdivers contingents qui composaient l’armée alliée,et mêmé entre les généraux de l’armée impériale :Bournonville, qui aurait dû insister pour que l’onse maintînt le plus longtemps possible sur la rivegauche du Rhin, était si démoralisé qu’il ne songeaitplus qu’à repasser le fleuve. C’est à quoi l’on se réso-lut d’un commun accord; de Schelestadt, on gagna