Band 
Quadrumanes.
Seite
38
JPEG-Download
 

r>8 IIISTOIKE NATURELLE.

des incisives plus grandes. Contraircment ä ces deux opinions, et ä eelle qui elablit une espüee äBorneo et une autre ä Sumatra , et peut-etre une troisieme sur lc continent indicn, M. Temininekn’admet, pour veritable patrie de ce grand singe, que Borneo et Sumatra , se Fondant sur les liabi-tudes de l’orang, qui ne vit jamais dans les eontrees montagneuses, mais seulemcnt dans les im-menses deltas formes de plaines basses, boisees, marecageuses, et exposees ä l’inlluence du soleiltropical. Comme l’ile de Java ne possede nulle part de vastes plaines basses et boisees, on peut endeduire que l’orang ne saurait y vivre etn’y a jamais existe La presqu’ile de Malacca , conlree lon-gue, etroite, entrecoupee dans toute son etendue de chaines montueuses, manquant de grandes ri-vieres et n’offrant de plaines basses que sur le point retreci de l’isthme de Krall, est aussi peu propreque Java ä servir de demeure ä ces grands singes; s’ils existaieut lä, on en saurait quelque chosedans les etablissements anglais, tels que Singapore et l’oulou-Pinang. Les plaines qui s’etendent lelong des chaines de l’Irawaddi, du Saluen et du May-kc-üung, convieudraicnt mieux peut-etre auxmoeurs de ces animaux, mais ces dernieres eontrees ont öte recemment visitees par M. Crawfurd, quine fait nulle part mention de l’existence d'un singe orang. 11 est dil’ficile de supjioser la presence deces animaux plus vers le nord, car la Constitution montagneuse du pays ne leur convient pas. Ajuger par les moyens que nous avons sous les yeux, ajoutc M. Tcmminck, la differenee entre 1’orangde Sumatra et celui de Borneo consisterait en ce que le premier n’a point d’excroissances adipeusesauxjoues, ses cretes temporales ne se reunissent pas pour former une crete coronale ou sagittaleelevee, et ses os du nez sont plus etroits. Nous demandons maintenant si, par ces caracteres,dont la constance sur tous les sujets n’est pas demontree, et que nous retrouvons aussi isolementrepartis sur des sujets de Borneo , tandis qu’ils existent reunis sur un individu saus cxcroissancesadipeuses, obtenu de cette derniere ile, nous demandons, disons-nous, s’il eonviondrait, de söparer,pour ce motif, l’orang de Sumatra de celui de Borneo ?

L’absence d’ongle aux pouces des extremites inferieures, qui a etc consideree par les uns commeune differenee sexuelle, et par les autres comme un caractere speeifique, n’est qu’une anomalie acci-dentelle, car je lis qu’un bei individu, rapportc de Borneo par M. Müller, a le pouce de l’un des piedspourvu d’un ongle parfaitement developpö, tandis qu’il n’cn existe pas la plus lagere apparence aumente doigt de l’autre pied. Quant ä la couleur du pelage, eile varie du brun-marron presque noir auroux terne en passant par des nuances intermediaircs; mais les femelies sont generalement d’unenuance plus foncöe que les mäles ä äge egal, et eiles n’ont jamais de protuberances adipeuses.

Si maintenant nous eonsultons les naturalistes franpais, nous verrons le nombre des especes aug-menter encore; nous pouvons mente ajouter qu’un genre a ete admis sous le itorn de pongo par M. deBlainville pour l’orang de Wurmb. Geoffroy Saint Ililaire, qui n’en fait qu’une cspece, dit que « latöte de cet animal est arrivee, par le developpemcut extraordinaire de la face, l’ullongcmcnt et lagrosseur du museau, les epaisses saillies de plusicurs lignes du eräne, a des formes tellement hi-dcuscs, qu’on serait teilte d’y meconnaitre un fond de rapports avee les singes. » Toutes ces modi-lications pourraient tres-bien n’etre que l’effet de l’Agc, et nous nous abstiendrons jusqu’ä nouvelordre. Pour terminer ce catalogue d’especes douteuses, nous avons i\ citer encore une cspece admisepar M. de Blainville, l’orang de Wallich, dont les caracteres sont lirös uniqucmciit d’un eräne nonencore adulte.

-M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire , qui s’est beaueoup occupe de l’bistoire des singes, adniet deuxespeces d’orangs, et nous croyons ces deux especes assez dislinctes pour les considerer comme de-finitivement reconnues. La premiere, decrite depuis longtemps, est l’orang-outan, Salijrus rufus,la seconde a regu le itorn d’orang bicolore, Satyrus bicolor.

Avant de donner la description de ces deux especes, nous croyons devoir reproduire une partiedes observations de Frederic Cuvier au sujet de la jeune femelle dontil a si bien etudie le caractereet les mouvemenls modifies saus doute par la captivite, et nous completerous l’liistoire de ces singessi remarquables en ajoutant sur leur vie, ä l’ötat de liberte, les details empruntes ä MM. Schlegel,Müller et Temminek. Enfin nous donnerons le recit de la mort d’un orang tuö par deux officiers an-glais , MM. Graygintann, recit rapporte dans le tome xv des Asinlic Researches.

« Le jenne orang-outang femelle qui a fait le sujet de mes observations, dit Frederic Cuvier , ap-partenait ä la meine espece que les orangs-uulangs qui ont etc deerils et figures par Tulpius, Edwards,