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I11STOIRE NATURELLE.
La couleur inccrlaine de ce singe ct le manque de termes precis pour l’expression des diversesteintcs permcttent difficilement d’en donner une idee fixe ä ceux qui n’ont pas vu l’animal. D’ailleurseette couleur varie avec Läge, et change selon le sexc. Le pelage des wouwous est lisse, brillant, etd’un brun tres-fonce sur la tete, la partie interne des bras et des jambes jusqu’aux genoux; il s’e-claircit inscnsiblement vers les epaules, s’allonge sur le cou, puis se crispe, devient taut soit peulaineux, et, enfin, tres-court, tres-serre, et d’un blond presque blanc au bas des reins.
Dans la femelle, peu velue en avant, les sourcils moins prononccs se fondent dans le brun de latete. Ses favoris sont aussi moins colores et moins longs que ceux du male, mais, neanmoins, encoreassez grands pour rendre sa tete plus large que haute, ce qui donne ä la physionomie des wouwousun caractere etrange et particulier fort different du siamang, quoique ees animaux aient d’ailleurs laplus grande ressemblance.
Ces singes, qui vivent. plus souvent isoles par couple qu’en famille, sont les plus rares de ceuxqui se trouvent ici, puisque sur einq ou six wouwous on voit toujours cent siamangs. Bien differentde ceux-ci par son agilite surprenaute, le wouwou echappc ainsi qu’un oiseau, et, comme lui, nepeut guere etre atteint qu'au vol : ä peine a-t-il apergu le danger qu’il en est dejä loin. Grimpantrapidement au sommet des arbrcs, il y saisit la brauche la plus flexible, se balance deux ou trois foispourprendre son elan, ct franchit ainsi, plusieurs fois de suite, sans cffort comme sans fatigue, desespaces de quarante pieds.
En domesticite, le wouwou n’annonce pas une faculte aussi extraordinaire. S’il est moins lourdque le siamang, si sa taiile est plus elancee, ses mouvements plus faciles et plus prompts, il est aussibeaucoup moins vif que les autres singes; et, dans ses bras longs et greles, dans ses jambes courteset dejetees, on est loin de soupconncr des muscles aussi vigoureux et une adresse aussi merveil-leuse.
La nature ne l’a pas doue d’une grande intelligence ; la sienne n’est guere moins bornee. que celledu siamang. Tous deux sont depourvus de front; et c’est un des grands points de co'incidence entreces deux especes. Ce que j’ai vu me persuade neanmoins qu’il est susceptible de quelque education;il n’a pas l’imperturbablc apatbie du siamang; on I’effraye et on le rassurc; il fuit le danger et re-cherche les caresses; il est gourmand, curieux, familier ct quelquefois gai.
Quoiqu’il differe du siamang par l’absence d’un sac guttural, son cri est cependant ä peu pres lemeine. Ainsi, ce sac ne jouerait pas dans la voix le röle qu’on lui suppose, ou il serait remplace dansle wouwou par quelque organe analogue. (Düvaucel.)
Il existe, au Museum , un individu cliez lequel, par un effet d’albinisme, le corps est presque uni-formement couvert d’un poil d’un fauve clair. Le pelage des tres-jeunes individus est egalementd'un fauve clair. 11 faut eviterde confondre avec eux quelques individus de l’espece precedente dontla couleur a ete alteree par diverses influences. (Isidohe Geoffroy Saint-IIilajre.)
La femelle a l’index et le medius des membres posterieurs reunis comme le siamang. (Lesson,Compl. de ßtiffnn.
5. GIBBON CliNimE. IIYI.OIIATES LEUC1SCUS. (Kulli.)
Caracteres specifiques. — Pelage uniformement ccndre; le dessus de la tete noir ou gris forme.Tour du visage gris clair. Peau nue de la face et des quatre mains, noire.
Le gibbon cendrd, nomme aussi wouwou par les Malais, se distingue des autres especes du genrepar la couleur noire foncee de la face ct des qua're mains, tandis que tout le reste du pelage estgris ccndre uniforme, si ce n’est au sommet de la tete et ä la partie externe des membres, oü, dansquelques individus, il parait plus fonce. La face noire est encadree par un cercle de poils d’uneleinte grise, plus claire. Les jeunes individus sont parfois d’un blond uniforme. Les poils sont longs,