QUADRUMANES. 167
Lc babouin, comme le fait observer Lesson, semble Atre le lien de transition des magots aux cy-nocAphales. Nous allons voir que ce singe a donnA lieu 4 bien des recherches pour etablir sa Syno-nymie. Frederic Cuvier est parvenu 4 la debrouiller. II a cependant fait une espece, sous le nom d’a-nubis, d’une variAtA du babouin.
La synonymie, dit ce savant, qui, en histoire naturelle, a pour objet primitif la connaissance desAires, a quelquefois pour objet secondaire d’eelaircir les questions historiques, beaucoup plus im-portantes souvent que toutes celles qui pourraient naitre des diverses conditions de l’existence desanimaux. C’est pcurquoi les commentateurs et les savants ont constamment fait beaucoup d’effortspour dAcouvrir 4 quelles especes devaient Atre rapportes les noms des animaux qu’on trouve dansles ecrits des anciens, et qui ne sont ordiuairement accompagnes d’aucune description. Pour attein-dre ce but, on reunit tout ce qu’on trouve dans les auteurs de relatif 4 ces noms, et, quelquefois,on rapprochant les notions qu’on obtient par 14 de celles qu’on a obtenues de l’observation directedes animaux, on parvient 4 dAcouvrir Ieur veritable signification, et 4 soulever ainsi le voile myste-rieux sous lequel cette signification se cacbait.
Le nom de cynocephale, qui a AtA donne par quelques modernes 4 1’animal que nous designons icien francais par celui de babouin, est un de ceux qu’il serait le plus utile de bien comprendre. Le singequi le portait a jouA un röle important dans la theogonie des Egyptiens; il etait adorA 4 Hermopo-lis, oü il avait un temple celebre; et c’est peut-Atre lui que l’on voit frequemment reprAsente sur leshiAroglyphes de cette nation, si remarquable par l’association monstrueuse des verites les plus im-portantes et les plus AlevAes aux croyances les plus grosseres et les plus ridicules.
Toutes les recherches qui ont eu le cynocephale des anciens pour objet n’ont conduit qu’4 de va-gues conjectures, et mAme qu’4 des erreurs. Cependant, il nous semble que la supposition la plusfondAe est que ce singe Atait notre babouin; et Brisson, en s’y arretant, donna une nouvelle preuvede la justesse d’esprit si remarquable qui caractArise ses travaux sur l’histoire naturelle, travaux aux-quels il nous semble qu’on est loin d’avoir rendu toute la justice qu’ils mAritent.
Fig. 159. — Main anterieure du babouin noir. Fig. 140. — Main postärieure du babouin noir.
Le babouin est un singe 4 tete de cbien , un cynocAphale, dans toute la signification Atymologi-que de cenom; il a tous les caracteres qui appartiennent aux especes de ce genre, dans les Organesde la mastication, des sens, des mouvements, de la gAneration, et dans les facultAs de l’intelligence.Nous ferons principalemcnt connaitre les traits particuliers qui distinguent de tous les autres cyno-cephales 1’espAce qui doit nous occuper ici. Elle est remarquable par ses narines prolongAes autantque les mäcboircs, separAes en dessus par une Achancrure tres-marquAe, et dont les cartilages la- 'teraux ne s’avancent pas autant que le cartilage moyen. Sa queue, relevee 4 son origine, se reploiebienlöt, ct deseend jusqu’au jarrct; son museau est d’une couleur de cliair livide, un peu plus claireautour des ycux. Les parties superieures de son corps sont d’un jaune verdätre assez uniforme, quiresulle de poils couverts de larges anneaux jaunes et de petits anneaux noirs, de maniere que lesrapports des premiers entre eux Atant beaucoup plus nombreux que ceux des seconds, leur teintedomiue, modiiiee sculement par les anneaux noirs, qui produisent le verdätre. Toutes les parties in-ierieures sont d’un jaune plus pale que les superieures, et la touffe de poils qui se trouve de chaquecöte des mäcboircs et y forme de larges favoris est blancbätre.