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IllSTOlRE NATURELLE.
Ce singe est (Tun naturel trös-möchant, dit Frederic Cuvier . Les gardiens de celui qui a ete ob-serve par ce savant naturaliste etaient obliges de le craindre; la haine etait le seul sentiment qu’ilpai'üt eprouver. Meme lorsque la f’aim le pressait, et qu’on lui donnait sa uourriturc, il s’en emparaitbrusquement, et menacait aussitöt du regard, du geste et de la voix.
Jusqu’ä present, continue le meme auteur, toutes les observations conduisaient ä regarder commeregle generale que les femelies des cynocephalcs ne different point des mäles par la couleur, regle quis’etendait meme ä tous les singes; il paraitrait que la femelle du tartarin fait exeeplion ä eette regle,du moins dans Läge adulte. Nous avons vu que le pelage du tartarin male ötait, en general, d’ungris legerement verdätre rösultant de poils couverts d’anneaux alternativement noirs et gris jau-nätre, oü ces derniers dominaient. Dans notre femelle, la teinte verdätre 1’empörte sur la teintegrisc, sans doute parce que les anneaux noirs et jaunätres sont dans des proportions plusegales, et que la couleur de ces derniers est plus jaune. Ces differences, assez considerables, et sur-tout eette cxception ä une rögle etablie sur des faits nombreux, auraient pu conduire les naturalistcsqui n’auraient vu qu’isolee de tout autre iudividu de son espece eette jeune femelle de tartarin ä laregarder comme la femelle d’une espece inconnue, intermediaire entre celle du tartarin et celle duchacma; niais M. Elirenberg ayant observe eette espece dans les lieux memes qu’elle babite, et aveedes individus de tout Age, les preserve de eette erreur. Aussi avons-nous appris par lui que lesjeunes mäles ne different point des femelies, qu’ils sont aussi depourvus de criniere, et que eetteespece vit en pet'tes troupes; caraetere qui parait etre commun ä toutes les especes de singes.(Fmimimc Cuvieii.J
i CYNOCIil’ilALE CHACMA CYXOCEP1IAI.VS PonCAMUS. lUesinoiilins.)
Caractöres si’kcifiquks. — Pelage noir verdätre, tres-Iong sur le dos et le cou, et formant enquelque sorle une diniere; queue terminee par un pinceau de poils noirs; peau de. la face et desoreilles d’un noir violälre; favoris diriges en arriere et grisätres.
Le cliacma decrit par Frederic Cuvier etait, en genöral, d’un noir verdätre, plus päle ä la parlieanterieure des epaules et sur les flancs que le long du dos; les poils elant gris ä leur base, et noirsensuite, avec quelques anneaux de jaune plus ou moins sale. Sa tele avait plus de verl; sa face etses oreilles etaient nues, ainsi que la plante des pieds et la paume des mains, et Ton ne voyait quetres-peu de poils courts, rüdes et noirs; la queue se terminait par une forte, mee.be noire, et le couetait garni de poils tres-longs qui formaient une sorte de criniere; enlin les favoris, diriges en ar-riere, etaient grisätres. La peau des mains, de la face et des oreilles, etait d’un noir violätre, maisle tour des ycux avait une teinte plus päle, et la paupiere superieure etait blanche, comme celle dumangabey; les deux nariucs etaient separees en dessus par une forte echanerure; la partie superieureet anterieure. de la tote tout ä fait aplatie; et les eallosites des fesses tres-petites. Du roste,-touteson Organisation etait celle des cynocephalcs.
Le chacma auquel se rapporte eette description etait mäle, et appartenait ä M. C“‘. qui I’avaitcu fort jeune. Durant les premieres annees. ses sauts, ses grimaces, le rendaient supporlable, etamusaient meme; mais bientöt ses malices devinrent dangereuses, et il ful releguö et attachepar uneforte ehaine dans une niohe, ä l’entree d’une cour. Lä il fit l’oflice de ebien de gardejmais, apresdix ans, il devint, par sa möchancete, la lerreur de ceux meines qui le soignaient, ce qui obligea sonmaitre ä s’en defaire. II pouvait avoir alors pres de quinze ans.
La Menagerie du roi a possede plusieurs chaemas, de tout äge et de tout sexe; et ceux dont on aconnu l’origine veriaient du cap de Bonne-Esperanee. Nous avons repu du capitaine llaudin unmäle et une femelle de eette espöce, et ils ont vecu fort longtemps. La femelle conscrva tou-jours sa doueeur; eile entrait cn rut chaque mois, et avait des menstrues; alors ses parties geni-tales eprouvaient un gonflement qui, ä sa partie superieure, representait une porlion de sphöre