196
IIIST01RE NATURELLE.
L’atele metis est ä peu pres de la meine taille que la plupart de ses congenöres. Sa longueur,depuis la partie anterieure de la tete jusqu’ä l’origine de la queue est de 0 ,n ,ü0; sa queue, un peuplus courte que chez les autres especes, mesure O^TO.
L’atele metis conserve, toute sa vie, la couleur indiquee; mais, eil admettant qu’il devint noirä l’etat adulte, supposition inadmissible, il ne serait pas moins certain qu’il doit foriner une especedistincte de toutes celles qui sont dejä connues. 11 en est deux seulement avec lesquelles 011 pour-rait le confondre : 1 ’ateles beelzebuth et l ’ateles marginatus. Mais le beelzebuth n’a point de taclieblanche au front, et les poils, du cöte de la tete et du cou, sont disposös un peu differemment. Leurprincipal centre d’origine est toujours, chez le beelzebuth, ä l’occiput ou ä la region superieure ducou; chez l’atele metis, il est toujours ä la partie inferieure de la region eervicale. Dans les deuxespeces, Toreille est en grande partie cachee par des poils; mais, chez le beelzebuth, c’est par detres-longs poils naissant sur toute la joue, depuis la connnissure des lövres, et se dirigeant en ar-riere; chez Tatele metis, c’est par des poils assez courts, qui naissent du centre commun d’origine,et se portent en avant.
Quant ä 1 ’ateles marginatus, il suffirait presque de dire qu’on en connait le jeune mäle et la fe-melle, et que tous deux sont noirs comme le mäle adulte. Cependant on peut ajouter que la portiousuperieure de la tete, qui est couverte de poils hlancs et courts, est beaucoup plus etendue, chezYateles marginatus, que chez Yateles liybridus; aussi la petite houppe, qui resulte de la rencontre despoils du front et de ceux du reste de la tete, est-ellu placee sur le milieu du cräne chez le premier,et, au contraire, tres-rapprochee des orbites chez le second.
L’atele metis est tres-commun dans la vallee de la Madeleine (Colomhie). On lui donne le nom demarimonda, que Ton applique aussi ä beaucoup d’autres singes, et celui de zambo ou mono zambo,c’est-ä-dire singe metis.
Zambo est en effet le nom creole du metis du nögre et de Tindien; et on 1’a donne a Yateles hg-bridus, parce que sa couleur est ä peu pres celle de ce metis.
Cette espece vit par troupes de douze ou quinze individus. Quand on marehe dans los hois, leurpresence s’annonce-par le hruit qu’ils font en se jetant d’une brauche sur une aulre. Lorsqu’ils voya-gent, les femelles, qui paraissent tres-attachees ä leurs pelits, les portent sur leur dos. Quand unemere, embarrassee de son petit, a un saut considerable ä faire, un mäle se place sur la brauche oücelle-ci doit passer, et il la fait osciller de maniere ä Tamener au niveau de la fcmelle, qui prolitede ce moment pour sauter. Si, au contaire, un jeune individu dejä fort, mais retenu par la peur,refuse de sauter, sa mere fait devant lui le saut qu’il s’agit d’executer, recommence ä plusiours re-prises, s’il est necessaire, et täche de le decider par son exemple*
Le fait suivant a öte rapporte ä M. lloulin par un temoin oculaire. Une fcmelle, qui portait sonpetit, tomba frappee d’une balle. Le petit la quitta au moment de sa cliutc, s’accrociia ä une brau-che de palmier et se mit ä crier. Presque au meme moment, un mäle, qui Tentcndit, s’elanpn, ouplutöt se laissa tomber ä cöte de lui, sur la brauche qui, trop faihle pour supporter un double lar-deau, se brisa. Les deux individus tombörent ä terre; le petit se playa ä Tinstant meine sur le dosdu mäle, mais celui-ci resta immobile et comme etourdi. Quelqu’un s’avanga alors pour le prendre;aussitöt le mäle se releva, courut ä quatre pattes vers une liane qui doscendait du haut d’un arbre,et, la saisissant, monta et disparut bientöt avec le petit. (Isidore Geoffroy Saim'-Hilairh.)
§ ‘2. — PoUCES SOUS FORME DE TUDERCUDE ET SAKS OKGRE.