942 IIISTOIRE NATURELLE.
ouistiti proprement dit, qui en difffere par les poils blancs dont ses oreilles sont recouvertes. C’estque toutes les especes de ce sous-genre ont tant de rapports, se ressemblent par tant de points,sont si fevidemment formfees sur un type commun, qu’on ne faisait aucune attention aux diffferencesde couleurs assez restreintes que quelques-unes de leurs parties prfesentent; ou, si ces diffferences
iy,
'/J Ah ! !
/ M /
Fi". 198. — Ouistiti ä pinccnu.
avaient fete observees, elles n’fetaient sans doule eonsiderfecs que comme accidentelles; et, en ef'fel,eiles sont de la nature. des modifications que des eauses fortuites peuvent produire chez les ani-maux : elles ne different du moins pas de celles qui s’observent chez les animaux domestiques oumeine chez les animaux sauvages soumis dai^ nos parcs ä notre influence. C’est qu’alors, commeil arrive toujours quand les faits n’ont#cte qu’imparfaitement observfes, ou etendait les obser-vations au dela de leurs vferitables limites, on les gfeneralisait plus qu il n’fetait lfegitimement.permis de le faire; car, aujourd’hui, il est bien reconnu que les animaux sauvages, livres leurspenchants dans les conditions oü la nature elle-meme les a plaefes, et sans qu’aucunes forces felran-gferes ä celles de ces conditions agissent sur eux, ne sont presque susceptibles d’aucun chan-gement apprfeciable ni dans leurs formes m dans leurs proportions; et si certaines especes en prfe-sentent quelques-unos dans leurs couleurs, rien n’autorise ä eonclure de ces espfeces ä toutes lesautres. Or ceux qui prfetcndent, dans l’etat actucl de la science, argumenter des diffferences qu’fe-prouvent nos espfeces domestiques ä celles qu’feprouvent nos especes sauvages, pour en eonclure quetoutes les diffferences qui distinguent celles-ci sont fortuites, meconnaissent les regles les plus sim-ples de l’induction, regles que nous tenons de la nature elle-meme, que l'art ne nous donne point,et auxquelles on ne peut renoncer, quand on est encore maitre de soi, qu’en trahissant sa propreintelligence. (Fred. Cüvieh.)