IIIST01RE NATURELLE.
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Capricieux en exces, les singes conserves en captivite sont tres-irascibles, et souvent sans sujet;doux et educables pendant le jeune äge, ils ne tardent pas A devenir mechants, intraitables, se je-tant traltreusement sur les personnes qui les approchent, et n’etant retenus que par la crainte duchätiment. Les mAles surtout passent plus facilement de la douceur a la eolere. Soit jalousie, soitsentiment de leur force, ils sont presque toujours disposes ä maltraiter les enfants; l’histoire parti-culiere de certaines especes nous en a offert des exemples.
Parmi les singes, les uns sont diurnes, et se livrent A toute leur activit£ pendant lejour; d’autressont crbpusculaires, et ne sortent de leurs retraites qu’au moment du coucher du soleil; d’autres,enfin, sont nocturnes, et se tiennent caclids dans des trous ou sous le feuillage pendant toute lajournee.
Frederic Cuvier , auquel on doit de si importantes observations sur les moeurs des animaux, ditqu’un tres-grand nombre de singes sont polygames, et vivent par petites troupes; mais il est certainque quelques-uns sont monogames. Intermediaires, pour ainsi dire, entre les mammiferes et les oi-seaux, ils ne viennent presque jamais A terre, et se tiennent presque constamment sur les arbres.C’est ainsi que, dans les vastes forets du Bresil et de l’Afrique , ils voyagent de brauche en brancheet d’arbre en arbre, en cherchant les fruits et les oeufs d’oiseaux, dont ils font leur nourriture ha-bituelle. Dans quelques especes, les petites troupes ne font chacune qu’urie famille reunie sous ladirection d’un vieux male; celui-ci est suivi par tous les autres, qui se rassemblcnt A sa voix : c’estdu moins ce qu on rapporte des singes hurleurs du Bresil et du Paraguay , dont les cris retentis-sants sont rendus plus sonores par une disposition tres-singuliere du larynx. Tres-rapides dans leursmouvements, ils examinent ce qu’ils rencontrent d’un peu rcmarquable sur leur chemin; mais cetexamen n’a que la duree de l’eclair, et ne semble donner lieu, chez eux, A aucune reflexion; ear onles voit revenir ä plusieurs reprises sur le meme objet, et le regarder en le retournant rapidementsous toutes ses faces, comme s’ils ne l’avaient pas encore aperf.u. Ils changent d’actions vingt foispar minute, et remplacent les unes par d’autres qui n’ont avec eiles aucune espece d’analogie ou derapport. Ils passent aussi subitement de l’etat tranquille aux gestes les plus desordonnes et Alamanifestation de la eolere la plus furieuse. Leurs sens les dominent avec energie, et chacun d’euxsemble commander seul ä son tour. Aussi les voit-on suecessivement passer de l’indolence A lagloutonnerie et aux exces de la lubricite la plus degoutante. Dans la captivite, on observe que cer-tains individus, et surtout de sexes differents, sont susceptibles de prendre del'affection l’un pourl’autre; mais cette affection ne va pas jusqu’au partage tranquille des aliments qu’ils aiment: dansce cas, ils different neanmoins des carnassiers, en ce que, au lieu d’employer la force pour resterseuls maitres de 1’objet convoitA, ils ont toujours recours A l’adresse pour l’enlever furtivement Acelui qui le perd de vue un seul instant. L’apprentissage au vol est le fond de l’education que lesfemelles donnent A leurs petits. Pendant leur jeune Age, eiles les soignent d’abord avec la plusgrande tendresse, les transportent partout dans leurs bras, et leur donnent souvent ä teter; maiscela ne dure ainsi que tant qu’ils ne peuvent manger seuls. Quand cette epoque est venue, ellescessent, non-seulement de leur donner des aliments, mais elles s’emparent de tous ceux qu’on leurdistribue, s’ils les laissent tomber. (Dictionnaire des Sciences naturelles.)
Les singes gardes en captivite, en Europe , succombent en peu d’anndes, comme nous l’avons dejädit, mais une cause frequente aussi de leur mort tient a une habitude de quelques especes. On remar-que, en effet, qu’un assez grand nombre de singes prennent plaisir A se ronger l’extremite de laqueue sans etre arretes par la douleur de la plaie qui en resulte, et qui, ravivee chaque jour, finitpar gagner la moelle epiniere et determiner la mort.