Band 
Quadrumanes.
Seite
290
JPEG-Download
 

290

I1IST01RE NATURELLE.

DISTRIBUTION GEOGRAPHIQÜE .

Les parties du monde babitees par les singes sontles regions intertropicales; cependant quelquesespeces depassent ees limites; toute l’Afrique parait etre babitee par diverses especes de singes,mais surtout la cöte occ-idenlale et l’extremite meridionale; quelques especes seulement se montrentsur la cöte nord.

Un seul representant de cette grande famille se trouve en Europe , et encore n’existe-t-il quesur un point limite. les rochers de Gibraltar .

Les parties meridionales de l’Asie et les iles de l’archipel indien fournissent un grand nombrede grandes especes, et l’on en trouve aussi quelques-unes dans les provinces meridionales du vasteempire ebinois.

L’ile africaine de Madagascar fournit aussi un assez bon nombre d’especes, mais ellesforment untype particulier dans la famille; ce sont tous des lemuriens ou singes ü museau pointu.

Aucun singe ne se trouve ä la Nouvelle-Uollande ni ä la Nouvellc-Zelande, qui ne renferment enquelque sorte que des animaux d’une Organisation toute particuliere.

L’Amerique enfin, si riche pour le naturaliste, fournit dans ses provinces centrales un grandnombre d’especes remarquables, la plupart non-seulement par la gracieusetö de leurs formes, maisencore par la douceur de leur caractcre.

Les grandes limites geograpbiques pourraient en quelque sorte servir A classor les singes; car lesespeces de Tancien continent, Europe, Asie et Afrique , forment une famille a type particulier biendifferent de celui que presentent les singes americains.

Ces animaux conslituent dans les diverses contrees des genres particuliers, parce qu’ils offrentdes differences caracteristiques dans leur Organisation, et ce ne sont guere que les guenons et lesmacaques qui offrent ä la fois des especes dans l’Asie meridionale et dans l’archipel indien, maisencore ces espöces sont-elles parfaitement distinctes entre ellcs. Les orangs et les semnopithöquessont particuliers ä l’Asie et A ce meme archipel indien; les cynocephales et les troglodytes ikl’Afri-que ; les sapajous, ateles, alouates, sakis, sagouins et ouistitis l’Amerique .

Quoique les macaques et les guenons soient communs, ainsi que nous venons de le dire, A l’Afri-que et A l’Asie , on reconnait neanmoins que le plus grand nombre des espöces du premier genreappartient au dernier de ces continents, et que c’est le contraire pour le genre des guenons, quisont presque toutes du Senegal, du Congo ou du cap de Bonne-Esperance.

Gertains caracteres dislinguent parfaitement les singes de l’ancien continent de ccuxqui babitentle nouveau, et ces caracteres sont les uns positifs et les auf res negatifs. Ainsi, tous les singes afri-cains ou asiatiques ont les narines separees par une cloison fort mince, tandis que ceux d’Amerique ont une large cloison entre ces ouvertures. Tout singe pourvu de callosites ou d’abajoues est del’ancien nionde, bien qu’il existe en Asie quelques singes qui ont leur bouebe sans duplicature de lapeau interne et leurs fesses completement revetues de poils. Toutes les especes sans queue, ou äqueue rudimentaire, ou celles enün ä queue courle, sont de l’ancien continent. Au contraire, toutsinge ä queue longue et prenante, soit que cette partie soit velue ou non a son extremite, est propreä TAmerique meridionale. (Diclionnairc des Sciences naturelles.)