ARMÉE DE PARIS.
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ment les lignes de chemin de fer de la rive droiteet de la rive gauche, qui amenaient ou remme-naient chaque jour une grande affluence de voya-geurs et de curieux, devinrent l’objet d’une sur-veillance particulière : des agents de la Communese mêlèrent habilement au public pour avoir desrenseignements ; aucun moyen, en un mot, ne futoublié en vue d’assurer le nouveau triomphe quel'émeute se promettait. Ses journaux cherchèrentaussi à exciter le sentiment populaire et à l’exal-ter à la hauteur de la situation; le 31 mars et le1 er avril, ils se montrèrent plus enflammés encoredans l’expression de leur haine contre Versailles.Leurs articles de ces deux jours contenaient delongs appels aux armes, entremêlés de discus-sions stratégiques et politiques 1 qui rappelaientcelles qu’ils avaient jadis publiées contre les Prus-siens, et qui tous se terminaient, non plus cettefois par le cri : A Berlin ! à Berlin ! mais par celuide : A Versailles! à Versailles ! Toute cette effer-vescence, habilement soulevée et exploitée, an-nonçait un mouvement prochain. Il eut lieu, eneffet, le 2 avril. La garde nationale, qui faisait par-tie de cette sortie en masse que depuis six mois
1 Nous signalerons surtout comme les plus ardents, en cetteoccasion, le journal de M. Rochefort, le Mot d’ordre, celui deM. Vallès, le Cri du peuple, et principalement le Père Duchène du« citoyen » Yermersch.