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LA COMMUNE.
Mardi 23 mai.
Le 23 mai, au matin, la position de l’arméen’avait pas changé : le palais du ministère desaffaires étrangères, celui de l’ancienne présidencedu Corps législatif, et le palais même où siégeaitjadis la Chambre, souffraient beaucoup du tir desbatteries de la place de la Concorde et des canon-nières du pont Royal. Une batterie placée de ma-nière à enfiler la rue de l’Université criblaitd’obus les troupes de l’armée régulière qui lui fai-saient face; néanmoins elles se maintenaient sansgrande perte, mais aussi sans chercher à se porteren avant, conformément d’ailleurs aux instruc-tions qu’avaient reçues leurs chefs.
Sur la droite, dans le faubourg Saint-Honoré,la division Vergé continuait à avancer lentementau travers des maisons par le moyen de la sape,afin de tourner les barricades de la place de laConcorde. Le jardin de l’ambassade d’Angleterredut également donner passage à nos troupes : à larue lloissy-d’Anglas, le colonel Piquemal, chefd’état-major du général Vergé, fut atteint mortel-lement par une balle tirée de l’une des maisons.Cependant on devait espérer atteindre, à la fin dela journée, la rue Royale en arrière de la barri-cade , qui, se trouvant prise à revers, ne pourraitplus résister. On se dirigerait alors de l’autre côté