OISEAUX. 269
mage, qu’il a entendu rnille fois au Paraguay jusqua la riviere de la Plata, se reduit ä exprimer d’unton sonore, quatre fois de suite et sans repos, le mot toribio.
M. le prince Maxim, de Neuwied dit que, s’il se tient dans les arbres eleves, il se tient aussi dansles basses broussailles, dans les grands campos de l'interieur du Bresil ou il n’y a pas d’arbres etou il l’asouveni trouve. 11 a observö que c’etait un Oiseau sedentaire, qui sautillait sur les branchesdes buissons eleves de quatre ä einq pieds, ä la maniere des vrais Tangaras, et qui avait tres-peu devoix. Il ne l’a jamais vu grimper ä la maniere des Mesanges . ( Rev . Zool., 1846.)
Fig. 357. — Cyclorhis ä bec noir.
Enfin, M. D’Orbigny, qui a observ6 les moeurs du meme Oiseau, dit, selon M. De La Fresnaye, que,s’il offre des rapports avec les Tangaras par son habitude de se tenir toujours comme eux au sommetdes arbres, des ravins ou des bois, ne descendant presque jamais sur les branches basses, il ne vitpas en troupes ainsi qu’eux, et se tient au contraire isole ou par paires, ne descendant jamais äterre. Toujours en mouvement, il parcourt toute la coupe d’un arbre, y poursuivant les Insectes dontil se nourrit, faisant entendre ä chaque instant un cri assez fort, et, dans certains cas, se crampon-nant aux branches ä la maniere des Mesanges pour saisir un Insecte. Il s’approche assez familiere-ment des habitations; mais il ne se mele pas aux autres Oiseaux, ceux-ci le fuyant sans doute parcequ’il les attaque et les poursuit. Un Oiseau de cette espece, qu’on avait renferme dans une cage avecd’autres Passereaux vivants, ä Corrientes , tua dans la journee deux d’entre eux, et leur mangea lacerveile. (Magas. de Zool., 1843.)
Malgre l’incontestable veracite dont a toujours fait preuve l’eminent voyageur, nous pensons qu’ily aura eu quelque confusion dans ses Souvenirs ä l’egard de ce dernier fait, auquel nous n’ajoutonspas foi entiöre en tant que se rapportant au Cyclorhis.
C’est, au reste, en admettant ce fait comme preuve d’instinct cruel et carnassier chez cet Oiseau,et qui placerait, selon lui, tous les Oiseaux de ce genre dans la famille des Pies-Grieches, que M. DeLa Fresnaye en conclut que cette citation en fait bien plutot des Pies-Grieches-Mesanges que desPies-Grieches-Tangaras. Car, ajoute cet ornithologiste, outre que les Mesanges tuent souvent leurscompagnons de voliere et leur mangent aussi la cerveile, les Cyclorhis, dans la forme de leurs pattes,dans leur habitude de se cramponner quelquefois aux branches, habitude commune aussi auxFalco-nelles, et dans l’ensemble de leur coloration, nous paraissent former avec ces dernieres un nouveaugroupe de transition des Pies-Grieches aux Mesanges . [Magas. de Zool., 1843.)