28
HISTOIRE NATURELLE.
Lorsqu’un Papillon sort de sa chrysalide, il est tres-faible; toutes ses parties sont molles, sansconsistance et impregnees d’humidite. Ses ailes sont pendantes, tres-courtes, et offrent en petit toulle dessin qu’elles vont avoir un instant plus tard. Bientot il se fixe contre une tige ou les paroisde sa coque, il etend successivement tous ces Organes, en imprimant de temps en temps un legerfWmissement ä ses ailes; celles-ci croissent, se developpent en tous sens, et poussent, pour ainsi dire,comme une feuille.-Lorsqu’elles ont acquis leur ampleur normale, il les releve et les abaisse suc-cessivement pour achever la Vaporisation du liquide dont elles sont encore impregnees, et, le plusordinairement, en moins d’une demi-heure, elles sont aptes ä remplir leurs fonctions. Il est aussi äremarquer que le Papillon recemment eclos rejette par la.partie anale une liqueur de couleur variable,tantöt rougeätre ou comme sanguinolente, tantöt blanchätre ou grisätre, et quelquefois noirätre,liquide qui est un veritable meconium analogue ä celuique rendent les Mammiferes nouveau-nes.
T-yfl;".
Fig. 103. — Grande Tortue.
On sait de quelle utilite sont pour l'industrie certains Lepidopteres ; on sait aussi qu’ä leur etatde Chenilles ils sont fort nuisibles ä notre agriculture; que certains arbres sont quelquefois entie-rement depouilles de leurs feuilles en tres-peu de temps; que souvent, lorsque l annee a ete favo-rable pour les Chenilles, la recolte des fruits est entierement detruite par une multitude de ceslarves; enfin, tout le monde connait ces petits Papilions qui detruisent la vigne, et dont il sera ques-tion au genre Pyrale. Une loi est venue obliger les cultivateurs ä faire l’echenillage dans leurs pro-prietes; mais, malgre tous les efforts, on n’est pas encore parvenu d’une maniere efficace ä sedebarrasser des Chenilles qui detruisent nos cultures; esperons que les travaux des bommes instruitsqui, comme MM. Ratzeburg et Guerin-Meneville , se livrent ä l’etude de l’entomologie appliquee ä1’agriculture, parviendronl ä empecher ou au moins ä diminuer ces degäts. La nature a heureusementremedie en partie au mal que les Chenilles font aux cultures en leur creant des ennemis nombreuxet acharnes : c’est ainsi que les larves des Ichneumonides , des Chalcidites, de beaucoup de Dip-teres, etc., detruisent un nombre immense de Chenilles.
On connait un tres-grand nombre de Lepidopteres ; on en a indique plus de dix mille dans toutesles parties du monde; l’Europe en presente plus de quatre mille, et la France en possede bien deuxmille ä eile seule. La beaute de ces Insectes, l’etude si attrayante de leurs Chenilles et de leurs mceurs,ont dü attirer l’attention depuis tres-longtemps : aussi voit-on un tres-grand nombre d’entomolo-gistes se livrer exclusivement ä l’etude de l’ordre des Lepidopteres. Beaucoup de naturalistes sosontoccupes de ces Insectes; les Chenilles ont ete etudiees, et un tres-grand nombre de travaux ico-nographiques ont ete oublies. Les Lepidopteres sont repandus dans toutes les regions du globe;