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I11STOIRE NATURELLE.
\' Apalura Ilia, Fabricius, ou le Petit Mars changeant, et le Petit Mars orange d’Engramelle, qui sontdes varietes l’une de l’autre, et conslituent principalement l’espece ä laquelle on a donnfe le nomd 'Ilia. Cette espece, un peu plus petite que \’A. Iris, presente une troisieme varifetfe, designfee sousle nom d 'Iris lutea, ou de Grand Mars orange; mais cette varifetfe se rfeduit ä quelques femelles,dont le dessus est cntiferement fauve, avec la bande du milieu plus claire.
t'ig. 206 — Apnlnra Iris, Linnü.
La Chenille de cette Apatura est d'un vert tendrc chagrinfe de jaune ou de blanchätre, avec latöte plate, surmontfee de deux cornes un peu plus longues qu’elle, fepineuses, divergentes et bilidesä leur extrfemitfe. Les cornes, qui sont un prolongement des deux calottes lifemisphferiques de latele, sontjaunes en dessus et vertes en dessous, avec leur extrfemitfe rougeätre. De ce dernier cötfe,elles sont, en outre, marqufees dans toute leur longueur d’une ligne noire qui se prolonge jusquesur la tete. Les mandibules sontjaunes, et l’on remarque une petite lache brune sur chaque joue.Le corps offre de chaque cötfe, ä partir du milieu jusqu’ä la partie anale, cinq lignes obliques, tantötjaunes et tantöt blanches, dont la supferieure forme le relief, et se termine dans le haut par unefepine couchfee sur le milieu du dos. On voit, en outre, sur le cou deux lignes paralleles jaunes, les-quelles partent des cornes et se prolongent en mourant jusqu’au cinquieme anneau. Toutes les pattessont d’un vert bleuätre, comme le dessous du corps, et les deux pointes de la queue sont jaunes.
La chrysalide est d’un vert päle, tirant sur le bleuätre dans sa partie infferieure, avec la carene,les deux cornes de la tete et le bord de l’enveloppe des ailes, blanchätres ou d’un jaune clair.
La Chenille du Petit Mars vit sur les diffferentes especes de saules et de peupliers. On la trouve,parvenue ä toute sa taille, vers le 15 juin; mais eile est difficile ä dfecouvrir, ä cause de sa couleur.qui se confond avec celle des feuilles. D’ailleurs, eile se tient presque toujours sur les branches lesplus felevees. Ce n’est donc qu’en donnant un fort febranlement ä l’arbre qui la nourrit qu’on par-vient ä en faire tomber quelques-unes.
Cette espfece se trouve dans les bois humides, mais plus frfequemment dans les prairies plantfeesde saules et de peupliers. Elle est tres-commune dans les environs de Paris , principalement a laGlacifere. La vferitable fepoque de son apparilion est du 25 juin au 10 juillet. La varifetfe orangfee estplus commune certaines annfees que celles ä bandes blanches, et il est ä remarquer qu’on ne re-trouve que cette dernifere dans le midi de la France , oü on l’a vue voler en juin et en aoüt.
L'Apalura Iris, Linnfe. Cette espece prfesente plusieurs varifetfes. La plus remarquable et la plusrare est celle qui a fete nommfee Beroe par Fabricius, Iole par Hübner, Mars bleu fonce changeantpar Engramelle. L’Apalura Iris habite toujours les parties basses des bois et se tient sur la cirnedes trembles et des peupliers; mais il en descend entre onze heures et deux heures, et vient, enplanant, se reposer sur la fiente, sur des arbres qui suintent, ou sur des corps en putrfefaction. C’estalors le vferitable moment de le prendre. Si on le manque, on doit bien se garder de le poursuivre,parce qu’on le perdrait bientöt de vue, tandis que, en le laissant aller, on est presque sür de le revoirl’instant d’apres. 11 reste cache pour peu que le lemps soit incertain. 11 ne donne qu’une fois par an,