PAPILLONS.
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tissus plus souples, avecdes dessins de toutes formes et de differentes couleurs, et, dans cet 6tat, eiledevient d’un usage träs-etendu, soit cliez les Indiens, soit chez les Europeens . ( Voy . pl. V, fig. 2.)
On comprend que l’indroduction en Europe de celte espece pourrait etre de la plus grande uti-lite; un premier essai a ete tente, mais sans succes, par M. Lamarre-Piequot. Tout recemment,M. Guerin-Meneville a repu de Pondichery , de M. Perrotet, des oeufs de cet Allacus, et il a eu lebonheur d’en obtenir des Chenilles qu’il a pu elever ä Paris meme avec les feuilles de plusieurs ar-bres indigenes, et specialement avee celles du ebene, etqui lui ont donne des Papillons, qui, ä leurtour, ont produit des oeufs dont il est sorti des Chenilles qui malheureusement n’ont pas pu se me-tamorphoser. L’acelimatation de ce Lepidoptere n’a donc pas pu avoir lieu; raais il faut l’essaver denouveau et tächer de douer nolre pays d’un Insecte qui pourrait etre tres-utile dans toutes les pro-vinees oü croit le ebene.
M. Guerin-Menevile tente en ce moment l’education d’une autre espfece indienne, son Bombyx dcricin (Bombyx ricini), grande espece d'Attacus tres-voisine du B. cyntliia, mais en differant cepen-dant : dejä l’on a obtenu trois generations successives de cette espece, et l’on a plus d’espoir quepour les educations precedentes. Les Chenilles, elevees pour la plupart au Museum par les soins deM. Valle, ont d’abord ete elevees avec des feuilles de ricin; mais, fait des plus curieux, cet arbrevenant ä manquer, et apres plusieurs tentatives infructueuses, on a trouve qu’elles mangeaient desfeuilles de chou, et on a pu faire une education en nourrissant des Chenilles avec ce vegetal.
Une autre espece se reportant egalement au genre Attacus estle Secropu (Bombyx didyme, Finne),originale de l’Amerique du Nord, dont on a cherche ä plusieurs reprises, en France surtout, depuisune vingtaine d’annees, ä propager l’espece artificiellement ou ä l’air libre, parce que son cocon pour-rait donner ä l’industrie une belle et abondante soie qui remplacerait avantageusement celle du 6'm-caria mori; jusqu’ici les essais d’aeclimatation n’ont pas reussi, et, fait remarquable, de meme quecela a lieu habituellement pour nos Papillons indigenes que l'on eläve exelusivement en domesticite,deux generations ont pu etre obtenues, mais l’Insecte est mort ä la troisieme generation. On trouverades details nombreux et importants sur ce sujet dans plusieurs de nos recueils periodiques; les pre-miäres observations sont dues ä Audouin, qui les a publiees dans les Comptes rendus de l'Academiedes Sciences , 1840; M. H. Lucas en a rapporte un beaucoup plus grand nombre dans les Annalesde la Societe entomologiqae de 1845 ä 1848; l’education de 1\4. secropia a aussi ete tentee ä Lyon par M. Milliere (An. Soc. ent., 1852. bulletin LXIV), et ä Altona par M. Sommer, qui estparvenu ä enelever des Chenilles trois annees de suite. (Voy. pl. V, fig. 1.)
Enfin, parmi les Bombyx asiatiques dont l’acclimalation a ete ou pourrait etre tentee, nous cite-rons les B. de Per.sy (B. Pernyi, Guerin-Meneville ), dont la Chenille vit sur le chene dans le nordde la Chine; B. Perrotein, Guerin-Meneville, originaire de Pondichery ; etc.
M. le docteur Ch. Coquerel, dans un travail present6 ä la Societe entomologique de France en4854, et insere dans les Annales, 4855, p. 529, a decrit deux Bombyx de Madagascar qui fournis-sent de la soie. Ce sont les B. dieyo et radama, et le second surtout serait tres-utile ä introduiredans nos colonies, car il donne une bonne soie exploitee ä Madagascar . Les Chenilles de ces deuxInsectes de grande taille, ei celle d’un troisifeme, le Bombyx panda, Coquerel, du Port-Natal , vi-vent en societe ä la maniere de nos Processionnaires, et, aprfes avoir file en commun une enorme po-che qui a souvent plus de 0",50 ou 4” de longueur, forment dans l’interieur un cocon particulier ächacune d’elles et y accomplissent leur metamorphose derniere. On connaissait depuis longtemps cesgrandes poches de soie qui garnissent souvent toutes les branches principales de plusieurs arbres deMadagascar , appartenantpour la plupart ä la famille desLegumineuses, mais on n’avait jamais decritles Insectes qui forment ces cocons, aveclesquels les Malgaches tissent des etoffes remarquables paileur eelat et leur solidite, et c’est ä M. Coquerel que l’on est redevable d’avoir fait connaitre ces.Lepidopteres . Le Bombyx radama a, pour le mäle, une envergure de 0 m ,058 ä 0“,060, et, pour lafemelle, de 0“.072 ä 0",075; ailes Manches, plus ou moins teintees de jaune : supf'rieures noires äl’extremite. La Chenille est d’un gris jaunätre, avec la tete d’un brun fauve et une ligne dorsale d’unbrun jaunätre sur la face superieure du corps.
A cette esquisse trfes-incomplete des Bombycites dont l’introduction pourrait etre utile pour oou«donner des auxiliaires au Yer ä soie, mais non pour le remplacer, nous n’ajouterons pas la listebeaucoup trop longue des especes de Bombyx qui se trouvent repandues sur toutes les parlies du