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[Papillons ; Papillons nocturnes ou chalinoptères]
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PAPILLONS.

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ravages. Semblables ä ces nuees innombrables de Sauterelles que l’on volt s'abattre sur les plainesde 1 Afi'ique ä des epoques periodiques, et depouiller, en l’espace de quelques heures, la terre detoute Vegetation, puis venir empesler l’air apres leur mort par la decomposition rapide de leur eorps,les Chenilles de Phalsbourg , au dire des journaux, auraient cause des degäts analogues et inspire auxhabitants des craintes serieuses. La Societe entomologique de France avait cru que ces recits pou-vaient etre exageres; eile s’etait empressee de demander ä M. le maire de Phalsbourg des documentscirconstancies et positifs sur un fait aussi extraordinaire et heureusement aussi rare. 11 est resulledes renseignements qui ont ete transmis ä la Societe entomologique, principalement par M. Reeb,que, si quelques passages de la lettre citee par les journaux etaient empreints d’exageration, les faitsqu’elle contenait etaient vrais presque en tous poinls. Les Chenilles que Ton signalait etaient cellesde 1 ’Orgyla pudibunda; ce n’etait ui par Cent ni par mille qu’on aurait pu les compter, mais parmillions. Les forets situees dans les communes de Garbourg, Ilildehousse, Trois-Maisons, Saint-Louis, avaient ete entierement devaslees. Dans les cantons de Saverne et de Sarrebourg , quelquesforets avaient ete egalement atteintes, et on n’evalue pas ä moins de quinze Cents liectares la superfi-cie des bois ravages. Partout oü les Chenilles du pudibundn ont passe, eiles ont completement de-pouille les arbres de leurs feuilles; en sorte que certains versants des montagnes ont presente, aucommencement de l’automne, l’aspect qu’ont ordinairement les arbres ä la fin de riiiver. Les Che-nilles tombees ä terre et qui y etaient mortes etaient excessivement nombreuses, et formaient surl’herbe une couche qui, dans certains endroits, avait au moins douze centimetres d’epaisseur; d’a-pres cela, on coneoit que Ton a dü pendant quelque temps craindre que leur putrefaction ne pro-duisit dans le pays des maladies contagieuses. Heureusement que ces Chenilles ont disparu presquecomplätement vers la fin de l’automne; beaucoup d’entre eiles ont peri faule de nourriture et n’ontheureusement pas occasionne la peste, et les autres se sont metamorphosees et ont perdu, en chan-geant de forme, tout pouvoir de nuire immediatement. Ce fait tout accidentel ne s’est pas renouvelel’annee suivante, parce que les circonstances atmospheriques n’ont pas permis, en 1849, aux oeufs,beaucoup plus abondants que les annees ordinaires, de se developper aussi bien qu’cn 1848; cepen-dant on gardera longtemps, dans les campagnes des environs de Phalsbourg , le souvenir des desas-tres causes par les Chenilles de la llepnbluiue, nom que les paysans lorrains ont donne aux Che-nilles de 1 'Orgyia pudibunda, a cause des trois couleurs bien distinctes que presentent leursdifferentes Varietes. Des faits semblables se sont dejä plusieurs fois presentes en Ailemagne; maisheureusement que l'abondance de ces Chenilles est peu ä redouter ä une epoque de l’annee oü ladestruction des feuilles ne nuit pas ä la Vegetation .

Fig. 25 — Orgyie pudibonde. (Male.) Fig. 26. — Orgyie pudibonde. (Femelle.)

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L’Etoilee (Bombyx anlirpia, Linne), egalement commune dans toule l'Europe , et dont les Che-nilles.font aussi des degäts aux arbres de nos forets, a une envergure de 0",03 ä 0 m ,04; les mälesont les ailes brunes : anterieures ayant deux bandes transversales obscures, fortement sinuees, dontla seconde plus large, terminee ä l’angle interne par une bande blanche, et les posterieures d’unbrun un peu plus päle et uniforme, avec la frange d’un jaune grisätre; la femelle est d’un gris jau-nätre, et ses ailes, ce que nous verrons bientöt dans d’autres genres, sont reduites ä des moignonstres-courts, ce qui les rend presque completement apteres. ( Voy. pl. VII et fig. 2.)